Écrire pour être

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Écrire sans être un écrivain, c’est possible ! En acceptant l’idée que l’écriture a des vertus thérapeutiques, qu’elle libère des blocages et met le doigt sur ce qui nous dérange et que nous ne voulons pas voir. La mise en place d’ateliers comme ceux animés par Michèle Bayar, donne les moyens d’accéder à cette face cachée de nous-même et de laisser l’imaginaire prendre le pouvoir.

Des mots pour le dire. Michèle Bayar a passé son enfance dans uMichèle Bayarn environnement francophone où la langue a tout de suite eu une grande importance. « À la base, il y a sans doute un besoin de mettre des mots sur un destin d’exception : un père arabe et athée, une mère bouddhiste zen au début des années 50 en Algérie, les deux étant pacifistes au cœur d’une guerre qui ne disait pas son nom. On m’a nourrie de contes où chaque être participait du mouvement du monde ». Je l’ai rencontrée lors d’un stage d’écriture de scénarii. Déjà, ou encore, l’écrit avait pour elle tous les attraits de l’imaginaire, de la diversité, de la sincérité, de son intérêt pour les êtres et de son regard bienveillant sur le monde. Avec comme professeur l’un des auteurs du scénario de 37,2° le matin de Jean-Jacques Beineix, nous avons été soumises à la fois à une rigueur dans la construction d’une histoire et aux échappées belles en matière de sentiments des personnages. Nous avons renouvelé par la suite cet exercice en écrivant ensemble une série feuilletonnante pour la télévision. Ce fut le départ d’une amitié littéraire et joyeuse.

Imaginer pour écrire. Un atelier d’écriture peut avoir plusieurs objectifs, former, initier, lutter contre l’illettrisme ©Fotolia-Ecriture-Michèle Bayar-Midetplusou même être un outil de thérapie au service de l’expression de soi et de sa pensée. L’amour de la chose écrite a incité Michèle Bayar à animer ces ateliers pour aider des écrivains en herbe à formaliser, avec les mots, ce qui les habite au plus profond d’eux-mêmes. Ce lieu coopératif suscite la réflexion et sollicite la créativité. L’animateur est là pour énoncer des règles, installer des contraintes mais aussi pour aider à libérer l’imagination. « Chacun travaille son propre savoir-écrire, un peu comme il le ferait avec ses abdos ! Je propose des exercices d’assouplissement de l’imaginaire et de musculation du langage. J’emmène les participants dans un parcours de spéléologie pour découvrir les secrets de la fiction. Au-delà de l’inspiration, il faut aussi trouver son style. Pour moi, c’est ce qui reste quand toutes les fioritures, ellipses involontaires et atermoiements inutiles ont été éliminés ».

Écrire pour aimer. « Écrire ensemble, c’est comme un chant choral pour faire entendre une voix née du rapprochement des singularités ». Pour Michèle Bayar, le groupe est plus que la somme de ses participants. « La fiction conduit les êtres au cœur de leur humanité. Nous aimons, nous connaissons le désir et la peur, la violence et l’amour… mais chacun les éprouve à sa manière. Nous les abordons ensemble, bien sanglés dans les règles de la dramaturgie, quel que soit l’âge des participants, le rapport narration/personnage ou le regard et le hors-champ. C’est à la fois un jeu, une découverte vertigineuse et un enrichissement pour nous tous, animateurs et élèves ! ». D’où l’émergence d’ateliers d’écriture spontanée où tel un outil d’éveil, on apprend à exprimer son identité profonde et à laisser jaillir les mots pour corroborer ce que disait Jung : « Le centre de l’homme est un vide créateur ».

Vivre pour écrire. « Je continue à ouvrir dans mon jardin d’écriture pour ceux qui ont besoin d’une pause©Amis des Arts-Michèle Bayar-Midetplus reposante des espaces de rêves en commun, des émotions à partager et des exercices d’entraînement à l’agilité verbale. Et parfois, j’ai la surprise d’entendre que ces exercices retentissent avec bonheur sur le quotidien des participants » avoue Michèle Bayar. L’écriture comme un accès au bien-être ? Pourquoi pas. Après tout, c’est une belle gymnastique de l’imaginaire ! Et qui ne laisse pas que des courbatures ! Dès que le temps nous laissera … le temps, je me tiens prête pour reprendre avec elle la suite de nos délires de scénaristes en herbe et imaginer les plus belles héroïnes qui vivront à notre place des aventures comme nous en rêvons toutes. Et l’écriture permet cela !

Vicky Sommet

L’ACTUALITÉ DE MICHÈLE BAYAR

  • © Presses littéraires-Michèle Bayard-MidetplusUn roman : Les Combattants de l’Humanité (septembre 2015 – Éditions Les Presses Littéraires), livre où il est question de guerre -la Seconde guerre mondiale notamment- et d’individus qui s’entêtent à vivre en paix. « Cette fois je m’intéresse à des gens ayant réellement existé. J’ai choisi la forme du monologue et c’est le chien gardien du souvenir qui s’exprime.»
  • Un blog : littérature et humeur.
  • Un atelier d’écriture dramatique dans le cadre des « 10 mots de la francophonie » avec la Caravane des Mots Languedoc-Roussillon.
  • Stage d’écriture en préparation: « Trouver et oser son style » – Développement personnel par l’écriture créative. Pour toute information : www.bayar-michele.com         
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