La confiance, une assurance pour l’avenir

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L’estime de soi, l’optimisme, la bonté ou la gentillesse sont des notions à approcher voire à adopter. Mais qu’en est-il de la confiance ? On peut avoir avoir confiance en soi ou dans les autres mais comment la reconnaître, la développer ou la rejeter si elle nous rend malheureux ? Pour le psychiatre Christophe Massin, ce n’est pas lié à notre éducation ni à notre environnement, mais simplement le doute, la peur ou les souffrances qui en résultent sont propres à l’être humain. 

©Odile Jacob-Christophe Massin-Confiance-MidetplusConfiance égale délivrance. La peur ordinaire est une émotion qui mobilise des moyens puissants pour s’en défaire. Car l’être humain inconsciemment se protège en permanence de dangers extérieurs à lui et met en marche son instinct de survie face au péril. Cette réaction, plutôt négative, se met en route très rapidement, presqu’automatiquement, sans parfois faire attention au monde qui l’entoure comme par exemple, dans un cas de panique générale, piétiner ceux qui se trouvent sur le chemin, au propre comme au figuré. Sauver sa peau paraît bien normal quand on est face à un danger mais il faut distinguer la peur animale de la peur psychologique.

                                       « Là où il y a deux, il y a la peur » (texte indien)
C’est comme un monde duel que l’on se crée ; si on vit avec la peur d’être trompé, bafoué, utilisé ou renié, même en période agréable, on se plaît à chercher des indices qui pourraient étayer cette thèse de la peur, fond du problème.

L’éventail des peurs. Peur des autres ou de la vie, certains êtres préfèrent ne pas vivre, aimer ou ressentir plutôt que de subir un échec. La peur nous contraint, nous force à penser différemment et parfois même nous amène à perdre le contrôle de nos décisions. Mais au fond, la peur pour l’autre – un enfant qui pourrait avoir un accident, un conjoint qui pourrait être infidèle ou une séparation dont on est à l’origine- est en réalité une peur pour soi. Celle de ne pas correspondre à l’image qu’on a de soi, celle de décevoir un parent, un ami, un amour, un patron, de ne pas être une personne irréprochable… Une émotion qui fait naître un sentiment de culpabilité qu’on peut connaître à tout âge.

Confiance et réalité sont dans un même bateau. S’attacher aux faits, rien qu’à la réalité des faits. La confiance prend alors ses racines dans le vécu, l’expérience, le réel et cette © Leo Lintang-Fotolia-Confiance-Midetplusmanière d’aborder les choses procure une vraie détente, même si la peur est encore présente car elles sont compatibles. La confiance ne rejette pas l’angoisse et ne cherche pas à la soustraire. Elle est positive et doit mettre en déroute les mauvais arguments nés de la peur et forcer chacun à reprendre l’avantage dans ce duel entre la raison et la peur. La confiance demande des ajustements continuels. Comme un musicien qui doit d’abord acquérir la technique et dès qu’il la maîtrise, il peut la dépasser et laisser libre cours à sa créativité. Confiance relative ou confiance absolue, l’une mène à l’autre mais nous les ressentirons seulement que lorsque nous aurons accepté les peurs qui nous agitent.

Derrière les mots, des sentiments. D’abord le non-jugement, c’est le terreau de la confiance en soi. Juger a un effet dévastateur et comporte une image de subjectivité dévalorisante et malveillante. Puis vient le discernement : savoir s’écouter attentivement et en retirer satisfaction et non autosatisfaction vaniteuse. Ensuite, il nous faut trouver des points d’appui pour retrouver une sécurité intérieure. La connaissance de soi requiert une ouverture, une curiosité, une acceptation de ses forces et de ses fragilités. Intervient à ce moment précis, la bienveillance. L’évaluation de nous-mêmes est rarement objective, l’autocritique déprimante. D’où le besoin de faire appel à la lucidité qui permet de se comprendre de l’intérieur et de regarder plus loin. Tout en discernant les expressions avoir confiance et faire confiance. Sans oublier le corps qui, à côté du mental, réagit aussi à l’expression de ces sentiments. Comme si la peur nous avait expulsé de notre corps et qu’on l’habitait à nouveau quand la sérénité reprend le dessus.

Confiance en soi ou dans l’autre c’est à un véritable cheminement auquel nous convie Christophe Massin dans un ouvrage qu’il a voulu clair et explicite en nous présentant ses idées et sa pratique sous forme de dialogues, d’entretiens faciles à lire, à suivre et qui prêtent à réfléchir, car nous avons tous peur et nous voudrions tous être et vivre en confiance. C’est tellement plus réconfortant et apaisant dans le monde difficile qui est le nôtre. Le mot de la fin ? Je le trouve dans le bréviaire à la fin de l’ouvrage :

« Faire confiance, c’est oser prendre un risque ! Offre-toi ta chance. »

Vicky Sommet

Une vie en confiance – Docteur Christophe Massin – Éditions Odile Jacob

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