La thérapie des fascias

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C’est un secret bien gardé ! Nous sommes en 1988 et Danis Bois¹, ostéopathe, ayant compris que les fascias étaient importants, met au point une thérapie adaptée². Béatrice Garaud³, praticienne, nous parle de cette technique manuelle permettant de soulager certains maux physiques tout autant que psychiques.

Que sont les fascias et à quoi servent-ils ?

Ils sont présents dans le corps humain sous la forme d’une membrane élastique qui recouvre ou enveloppe une structure anatomique. Ils sont issus d’un même feuillet embryonnaire, le mésoderme ou peau du milieu, qui donne naissance aux tissus musculaire, squelettique et cardiaque, aux cartilages, aux os et la liste est encore longue. Composés de tissu conjonctif très riche en fibres de collagène, ils sont reliés entre eux et forment un réseau complexe reliant le sommet du crâne au bout des orteils.

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Thérapie ou technique ?

La fasciathérapie consiste à rétablir l’élasticité des fascias qui ont besoin d’être bercés, un peu comme un hamac qui accueille un corps allongé et le berce… jusqu’à l’endormir. Elle crée une harmonie instantanée, une sensation de bien-être, une découverte d’un rythme intérieur qui est remis en route uniquement par la pression des mains. Ce toucher est long à acquérir, ce qui explique que, près de 20 ans après, cette approche est encore assez confidentielle. Béatrice Garaud explique :

« À l’époque, j’étais infirmière et je m’occupais d’enfants polyhandicapés. Déjà surmédicalisés, c’est en posant mes mains pour savoir s’ils avaient mal que j’ai découvert l’intérêt du toucher en les soulageant avec un massage classique. La kinésithérapeute avec qui je travaillais avait remarqué que je les relaxais très rapidement et m’a suggéré d’utiliser cette capacité à sentir les muscles et la peau pour développer mon savoir. J’ai très vite été passionnée par cette nouvelle approche et certaine de me trouver au bon endroit car je pouvais enfin utiliser ma sensibilité et ma perception du corps humain à des fins “soignantes”C’est la pratique qui nous fait progresser pour soigner par exemple des inflammations en améliorant la circulation du sang, les problèmes articulaires, en soulageant les femmes enceintes et même les bébés qui viennent de naître, en agissant sur les muscles de posture ou en exerçant une action antifatigue, anti-stress, anti-déprime, en accompagnant les suites d’interventions chirurgicales, en facilitant la cicatrisation et l’évacuation des produits anesthésiques ».

Monde sensoriel

D’un côté, il y a le monde physique, de l’autre le monde psychique, et celui des fascias, c’est le monde sensoriel. « Ma mission consiste à aider la personne à sentir son corps autour de ses douleurs pour que ce travail se fasse à deux. J’explique ce que je fais avec des mots et, avec cet échange d’informations, la personne sentira plus clairement ce qui se passe en elle. Même si parfois le patient s’endort pendant la séance… Par exemple, un patient souffre de maux au genou à cause d’une inflammation chronique. Il a fait des radios qui n’ont rien montré. Moi je pose les mains sur son péroné et je constate qu’il n’a plus la mobilité tutrice des fascias de la jambe et donc du genou ». Cette perception de Béatrice Garaud concerne, comme elle dit, « le vivant », l’organe en mouvement et en temps réel.

Un toucher d’expert

L’intérêt pour les fascias existe aussi en Australie où ils sont une spécialité de recherche universitaire. Question d’ignorance, en France, les fascias sont encore très méconnus : « En discutant avec un chirurgien esthétique de renom, il m’a confié que, s‘il avait un tel succès dans ses opérations, c’est parce qu’il apportait une attention toute particulière aux fascias. Nous étions tous les deux convaincus de la nécessité d’une délicatesse absolue dans le toucher des fascias pour que les suites tissulaires des interventions soient moins traumatiques. Dans le monde entier, on berce et ce n’est pas un hasard. Le bercement façonne l’individu, le calme, comme après une colique du nourrisson, on calme sa colère, son émotion et sa douleur en agissant sur ses fascias. La perception se fait avec les mains, même au travers des tissus, ce qui n’oblige pas le patient à se déshabiller. Je perçois tout de suite la vitalité ou la fatigue de la personne : le fascia axial profond relâché dès le début peut arrêter une scoliose naissante, d’où l’importance de la prévention dans cette thérapie ».

©Béatrice Garaud-Fasciathérapeute-Midetplus

Un avenir prometteur

Prévention, antidouleur, recherche de bien-être sans médicaments, la thérapie des fascias a un grand avenir devant elle. « Je pense que nous n’en sommes encore qu’au début. J’ai envie de mettre sur pied une école généraliste du toucher, une base pour toutes les études sur le corps. J’aimerai transmettre mes compétences surtout aux chirurgiens et aussi pour tous ceux qui travaillent sur la perception du fonctionnement des organes et du corps humain, une assurance de la stabilité de l’individu. La thérapie des fascias peut devenir le complément à la fois d’un travail physique avec le chirurgien et du travail psychique avec le psychologue … un abc du savoir ! »

Vicky Sommet

¹La vie entre les mains, Danis Bois (Éditions Guy Trédaniel).
²Une formation de 3 ans sous forme de 6 à 7 sessions dans l’année est nécessaire pour acquérir ce savoir-faire appelé pour les médicaux thérapie des fascias et pour les non-médicaux, pédagogie perceptive.
²Béatrice Garaud, Infirmiére diplômée d’État (1982), pratique la fasciathérapie MDB depuis 20 ans et vous reçoit individuellement toute l’année en cure de fasciathérapie à Hoëdic, à Quiberon et à Paris.
lesemaphore.squarespace.com
Véronique Jordan, fasciathérapeute, somato-psychopédagogue, 27 rue Davioud, 75016 Paris, Tél. 01-46-47-32-72 ou 06-80-47-69-93.

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