Le cerveau malade

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Notre QI aurait baissé en moyenne de 14 points en un siècle. Il ne s’agirait pas d’un tassement de la courbe de l’intelligence collective, mais plutôt d’un glissement qui se résume à : « Il y a moins de génies et plus de déficients mentaux ».

©Pixabay-Pollution-Cerveau-Midetplus

Quels sont les responsables ? Barbara Demeneix, biologiste au CNRS, affirme que la dégradation de l’environnement, la prolifération de produits chimiques qui interfèrent avec le fonctionnement du système endocrinien et du développement fœtal, seraient autant de facteurs qui augmentent le risque de maladies, cancer, diabète et obésité, et auraient un impact sur la fécondité. Tout partirait de la perturbation subie par les hormones thyroïdiennes pendant les périodes-clés du développement cérébral. Et nous savons que les enfants sont toujours plus vulnérables que les adultes et que leurs capacités intellectuelles peuvent être ainsi remises en cause.

Le cerveau, mode d’emploi. Chacun de nos cerveaux contient dix fois plus de neurones que la terre n’a d’habitants. Il se développe déjà avant la naissance et pendant les deux années qui suivent, la croissance cérébrale est assez rapide. Ainsi, dans une région donnée, l’examen de centaines d’enfants a révélé que l’exposition des mères à la pollution chimique pendant leur grossesse aurait provoqué des déficits intellectuels irréversibles chez l‘enfant. Des polychlorobiphényles du lac Michigan aux USA au mercure de Minamata au Japon, la forte consommation d’alcool, l’exposition au plomb, la nécessité des apports en iode ou sélénium, autant de réalités que la science a aujourd’hui reconnues.

Résister ou pas ? Barbara Demeneix s’interroge sur la capacité de l’humain à résister à une pollution insidieuse, mais se refuse à être pessimiste. Il y a 84.000 produits chimiques commercialisés dans le monde, avec souvent la présence avérée de fluor, de brome et de chlore qui risquent de perturber nos organismes. Alors faut-il revenir au sel iodé et délaisser la fleur de sel et le sel de mer ou abandonner les phtalates présents dans le plastique des rideaux de douche, des emballages ou des peintures ? La solution et les changements de comportements viendront-ils des associations qui militent pour des principes de précaution ? Ou faut-il faire passer l’humain avant l’argent et ne pas tout accepter des industriels ?

À Barbara Demeneix le mot de la fin : « Votre carte bleue est une arme puissante contre l’industrie chimique »… même si les actions individuelles ne peuvent jamais remplacer les décisions politiques.

Vicky Sommet

Le cerveau endommagé (Éditions Odile Jacob, €39,90).

 

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