Sans gluten, mode d’emploi

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La grande tendance alimentaire du moment est d’adopter un régime « sans » : sans viande, sans sucre, sans lactose… ou sans gluten. Ce dernier est probablement celui dont on débat le plus, car il touche à notre sacro-sainte baguette traditionnelle… Petit tour des raisons scientifiques et naturopathiques derrière ce qui est bien plus qu’un effet de mode.

De quoi s’agit il ? Le gluten est une protéine élastique que l’on trouve principalement dans le blé, mais aussi dans l’orge, l’avoine, le seigle, l’épeautre et le kamut. C’est cette matière un peu « chewing-gum » si on mâche un grain de blé cru et que le boulanger « travaille » pour faire sa pâte à pain. À l’origine, le blé contient 5 à 8% de gluten maximum, et c’est avec ce blé que l’on a fabriqué et consommé du pain depuis des siècles sans problème. Aujourd’hui, le blé¹ est génétiquement modifié pour augmenter sa résistance aux parasites et sa teneur en gluten (jusqu’à 18%) afin d’en augmenter la rentabilité. Avec moins de blé on fait plus de pain. Or, ce qui est peut-être viable sur le plan économique l’est beaucoup moins sur le plan digestif.

Gluten et problèmes digestifs. La haute teneur en gluten du blé moderne et des produits céréaliers dérivés conduit malheureusement à beaucoup d’inflammations dans l’intestin grêle et le gros intestin chez l’humain. Le gluten forme une sorte de glue sur la muqueuse intestinale et il en résulte des malabsorptions, des diarrhées et des perturbations de la flore. L’excès de produits céréaliers nourrit des populations bactériennes indésirables et cela cause des ballonnements, des gaz, des douleurs voire des spasmes². Ainsi, une alimentation trop riche en gluten, produits céréaliers (et produits laitiers) entraîne de l’inflammation systémique et à la fin un affolement du système immunitaire qui se retourne contre le corps. Les intolérances alimentaires et l’intolérance non cœliaque au gluten rentrent aussi dans ces pathologies inflammatoires qui sont identifiées grâce à des tests spécifiques en laboratoire (à la différence de la maladie cœliaque qui est identifiée dès l’enfance, car elle constitue une allergie « vraie » au gluten de caractère génétique).

Que faire ? Réduire ses apports en gluten au quotidien afin de prévenir l’inflammation et ne pas sur-solliciter son système immunitaire. Cela ne veut pas dire l’éradiquer complètement car cela deviendrait alors très contraignant !

EN PRATIQUE

– Diminuer le pain, les pâtes et tous les produits dérivés comme les pizzas, biscuits, pâtisseries.
– Remplacer par du riz, des pâtes à la farine de riz, du sarrasin, de la farine de châtaigne.
– Préférer les féculents de type « amidon »: pomme de terre, patate douce, panais, potimarron, courge butternut, châtaigne, banane; ou de type « légumineuses » : lentilles, haricots secs, pois chiche.
– Chercher un boulanger qui fait du pain avec des farines biologiques ancestrales non hybridées (il en existe 6 en France dont un à Paris³).
– Ne pas se jeter sur les produits étiquetés sans gluten car ce sont souvent des mélanges compliqués très transformés. Une cochonnerie sans gluten reste une cochonnerie…
– Enfin (et surtout !), faire des cures régulières de nettoyage de la flore intestinale : chlorophylle, jus de légumes, monodiètes végétales. J’ajoute aussi en complémentation du curcuma pour son action anti-inflammatoire remarquable.

Beaucoup de malades ORL et digestifs chroniques sont souvent spectaculairement améliorés en retirant le gluten de leur assiette. Mais les régimes sans gluten ne sont pas adaptés à tous et il est indispensable de consulter un naturopathe pour savoir si cette alimentation vous convient.

©Claire Price - Marine Le Gouvello - Mid&PlusMarine Le Gouvello
Naturopathe, diplômée du CENATHO
110 rue de Longchamp, 75016 Paris

Consultation sur rendez-vous tél. 06-61-85-88-22

¹Lire Gluten, comment le blé moderne nous intoxique de Julien Venesson.
²Le Dr Jean Seignalet a montré depuis 1985 le lien entre le gluten, la porosité intestinale et la flambée des pathologies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde. Ses travaux font partie des références fondatrices de la naturopathie occidentale moderne. Lire Alimentation ou la 3e médecine du Dr . Seignalet.
³Laurent Bonneau, boulanger pâtissier, 75 rue d’Auteuil, 75016 Paris.

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