Sortir de ma dépendance, je peux y arriver !

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La science avance, les connaissances aussi et, en matière de dépendances, elles sont essentielles pour aider les dépendants à sortir la tête hors de l’eau. Dépendances physiques ou psychiques, pour en guérir, il faut une volonté hors du commun pour retrouver le plaisir simple de vivre en harmonie avec soi. Pascale Senk et Frédérique de Gravelaine nous en parlent dans un livre préfacé par Boris Cyrulnik : « Guérir de nos dépendances ».

Dépendre, c’est d’abord grandir

Au départ de la vie, le nouveau-né dépend de sa mère. Pour être nourri et aimé, si elle est absente, sa souffrance se traduira par une indifférence, une mort psychique qui lui permet de moins souffrir du manque en attendant la mort physique. Véritable paradoxe, cet attachement a pour but de nous rendre libre ! Mais s’il y a surdépendance dès le plus jeune âge, la recherche de substituts sera la seule solution envisagée : médicaments, drogues ou sectes, ce qui devrait libérer emprisonne et rend vite dépendant.

« Sa faim d’amour satisfaite l’a rendu autonome. » Boris Cyrulnik

Les dépendances destructrices

Accro, addict, workaholic, cyberdépendant, le mal envahit tous les secteurs de la société. À tel point qu’il y a désormais des spécialistes en addictologie dans tous les hôpitaux, des confidences d’anciens dépendants à la télévision pour témoigner de leur libération et, parallèlement des sources d’addiction de plus en plus visibles, les jeux vidéo, les paris en ligne, les casinos et autres tickets à gratter qui réveillent notre adrénaline sans en souligner les aspects négatifs sur des esprits faibles et influençables. Mais les scientifiques sont rassurants, alcooliques, joueurs invétérés ou boulimiques, sans parler des accros aux réseaux sociaux, on peut s’en sortir ! La publicité d’un centre de traitement américain annonce :

« Si l’addiction est une maladie, le rétablissement est un style de vie. » 

©Guérir de ses dépendances - Mid&Plus

Une société addictogène

L’épidémie voit son apogée dans les années 60 avec le culte de l’efficacité, l’esprit de compétition, la recherche de plaisirs immédiats, le développement des communications, la réduction de l’espace vital, tout concourt à nous doter de besoins artificiels et à nous éloigner de nous-mêmes. La dopamine, impliquée dans les mécanismes cérébraux du plaisir et de l’évitement, l’est aussi dans les conduites addictives. Elles rendent compte d’un déséquilibre intérieur et traduisent un manque de confiance en soi, déjà très présent à l’adolescence. Et il y a le stress, un moyen de défense contre les agressions, les blessures narcissiques, une sorte de dépression initiale, et le goût de la transgression, boire jusqu’à plus soif, la maladie de la communication qui valorise ou infantilise, tout nécessite une prise de conscience et une demande d’aide pour s’en libérer.

Acupuncteurs, psychiatres, maîtres d’arts martiaux, quelle que soit la spécialité de la personne consultée, il faut s’ouvrir et apprivoiser l’inconnu, mettre des mots sur la souffrance pour éviter le passage à l’acte, penser au temps comme à un ami et transformer la vigilance en plaisir. Choisir sa vision du monde est un grand pas vers la fin de la dépendance car à côté des addictions connues, existent aussi celles à l’amour, la sexualité ou l’argent, moins repérées mais qui rendent tout aussi malheureux.

Vicky Sommet

« Guérir de nos dépendances » de Pascale Senk et Frédérique de Gravelaine (éditions Leduc, avril 2018, €18)

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