Art contemporain en Avignon

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L’un des plus riches musées nationaux d’art contemporain se cache à l’abri des remparts d’Avignon. Dans la capitale du théâtre, des Côtes-du-Rhône et des Papes ? Et bien oui. Depuis décembre 2015, la Collection Lambert s’expose dans un lieu rénové, deux hôtels particuliers du XVIIIe siècle, témoins d’épousailles réussies entre le grand classique et l’hyper moderne.

Donation à l’État. La fille d’Yvon Lambert, Ève, aurait pu être l’héritière de centaines d’œuvres du XXe et XXIe siècles acquises par son père. Dès les années 60, il les déniche, notamment aux États Unis, pays dont il loue la créativité artistique. Il a du nez, il repère les talents. Il achète, il vend, il expose dans sa galerie parisienne. Et… il conserve ! En 2000, ce natif de Vence choisit Avignon pour mettre en dépôt et présenter sa collection à l’Hôtel de Caumont. Quelques années plus tard, il fait don à l’État de la majeure partie de ses trésors : plus de 550 pièces. Ève accepte de renoncer à cette partie de l’héritage.


Blanc et lumière
. Grâce à lui, grâce à elle, grâce aux architectes qui ont relié l’Hôtel de Caumont et son voisin l’Hôtel de Montfaucon, un grand musée d’art contemporain est né. On gravit les marches du perron le cœur curieux et l’œil rond. À l’intérieur, pas de dorures, pas de petits salons, mais de l’espace, des murs blancs, de la lumière. Et voilà les pourpres et les verts Renaissance des compositions de Sol LeWitt et plus loin les carrés blanc cassé de Robert Ryman qui parlent à ceux qui savent l’entendre… Pour oublier ce moment de solitude, il y a la vision familière des tissus rayés de Daniel Buren, la nostalgie des premières émotions artistiques avec les rosaces au compas de Lawrence Weiner ou les « empreintes de pinceau » tellement minimalistes et tellement gaies de Niele Toroni. On sourit devant la construction de bois de Giulio Paolini, dont il dit que c’est la Montagne Sainte-Victoire… et pourquoi pas ? Et l’on s’arrête devant Cy Twombly, ses traits fous de crayon, de stylo bille, de craie, dont parle Roland Barthes avec des mots qui font aimer ses toiles, dans un beau texte sous vitrine.


Des réserves
. Toute la Collection Lambert n’est pas visible. Comme tous les musées, celui-ci a ses réserves ! Un jour ou l’autre, il faudra revenir pour Claude Lévêque, Basquiat, Boltanski…

Librairie et restaurant. Fin de la visite avec la librairie qui ne demande qu’à s’étoffer et le restaurant, le Violette, encore en devenir, mais qu’il faudra bien tester ! Retour dans la cour de l’Hôtel de Caumont. Sur un des côtés, de longues suspensions de plexiglas, signées Miroslaw Balka, tournent doucement sur elles-mêmes, reflets changeants du ciel et du visiteur qui reprend son chemin.

©Andres Serrano, The Church (Soeur Jeanne Myriam, Paris), 1991-Collection LambertExposition temporaire.
Yvon Lambert aime aussi la création vidéo ou photo. Les clichés d’Andres Serrano font partie de sa collection depuis de longues années. Le musée consacre à cet artiste une exposition temporaire. Jusqu’au 12 juin 2016, vous pourrez admirer, détester, maudire ou adorer ses perceptions du corps, des gens, des rues, livrées en plans serrés parfaitement cadrés, vibrants et colorés.

Dominique Burg-Faure
Mid&Provence

Collection Lambert-Avignon- 5 rue Violette, 84000 Avignon. Ouvert tous les jours sauf lundi-de 11h à 18h.

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