Chagall dans tous ses états aux Baux-de-Provence

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Il n’est pas besoin d’aimer particulièrement Chagall pour se laisser envoûter par le spectacle offert aux Carrières de lumières des Baux-de-Provence. À plus d’un titre, les Songes d’une nuit d’été, aux portes d’un des plus pittoresques villages des Alpilles, méritent une visite.

Tourbillon de couleurs. Je pensais découvrir une évocation originale du travail du peintre russe.chagall 2 J’ai fait mieux, j’ai plongé au cœur d’un caléidoscope géant, emportée dans un époustouflant tourbillon de couleurs, de sons, de vibrations. Dans ces vraies carrières, on extraie, jusqu’en 1935, des pierres de calcaire blanc. 5000 mètres² sont creusés dans la colline, autour d’imposants piliers naturels laissés intacts, de 14 mètres de haut. Cette friche industrielle magnifique, cathédrale troglodyte, est redécouverte en 1959 par Jean Cocteau, qui y tourne Le testament d’Orphée, puis utilisée, depuis presque 40 ans, pour des spectacles sons et lumières. Aujourd’hui, la technologie multimédia la plus aboutie trouve là un lieu à la mesure de ses capacités créatives artistiques.


En musique
. Pendant quarante minutes, 100 vidéo-projecteurs présentent l’œuvre incroyablement variée de Chagall : tableaux, vitraux, collages, mosaïques… Les gros plans et les vues d’ensemble s’épousent et s’animent dans un ballet permanent. Les trapézistes se balancent, l’horloge bouge, les anges volent, sur les murs, sur les piliers, sur le sol. Ils enveloppent le spectateur, qui déambule ou se fige, étonné, charmé par une superbe bande son, où se côtoient Mahler et Armstrong, Bizet et Nino Rota, l’opéra et la musique yiddish. Peu importe que l’on ait raté le début : après un très joli intermède en hommage à Lewis Carroll, où les lapins d’Alice font les fous, le spectacle Chagall reprend.

Quelques conseils
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– Se couvrir. Je suis sortie des carrières émerveillée mais je l’avoue, un peu chahutée, saoule comme après une traversée agitée. Et glacée. Car la température ne dépasse pas les 14 degrés, même en plein été ! Un bras secourable et un pull s’imposent absolument.
– L’accès aux Carrières de Lumières est simple et bien indiqué : direction les Baux-de-Provence, puis, juste avant d’arriver, petite route sur la droite. En ce moment, se garer est facile, les places de parking sont nombreuses, mais il faudra de la patience, quand la douceur de l’été jettera sur les routes de Provence une foule de visiteurs. Heureusement, il est possible de laisser son véhicule avant le village, et de continuer à pied, ce n’est pas long !
– L’intégrale : Ceux que cette expérience culturelle aura conquis pourront assister cet été, durant quelques soirées, à L’Intégrale des Carrières de Lumières c’est-à-dire aux quatre spectacles créés les années précédentes par la même équipe.

Dominique Burg-Faure
Mid&Provence

CARRIÈRES DE LUMIÈRES
Le spectacle a été réalisé par Gianfranco Jannuzzi, Renato Gatto et Massimiliano Siccardi et produit par Culturespaces.
Chagall, Songes d’une nuit d’été  est présenté tous les jours jusqu’au 8 janvier 2017.
-Du 1er avril au 30 juin : 9h30 – 19h-Du 1er juillet au 31 août : 9h30 – 19h30-Du 1er septembre au 31 octobre : 9h30 -19h-Du 1er novembre au 8 janvier 2017 : 10h – 18h. Réservation en ligne.
L’Intégrale des Carrières de Lumières  :
25, 26, 27 juillet – 1, 2, 3 août – 16, 17 septembre
Accès dès 20 heures, début du spectacle 20h30, avec entracte-
Réservation des places uniquement sur Internet
– Les Carrières se situent à 800 mètres du Château-des-Baux,15 km au nord-est d’Arles et à 30 km au sud d’Avignon

Crédits Photos : Photo de Une : Simulation#1 Marc Chagall La Danse, 1950-52, détail, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris, en dépôt au Musée national Marc Chagall, Nice /Bella au col blanc, 1917, détail, Musée national d’art moderne – Centre Georges Pompidou, Paris /Le cirque rouge, 1956-60, détail, Collection particulière / Les amoureux, 1916, détail, Collection particulière /Au-dessus de la ville, 1914-18, détail, Galerie nationale Tretiakov, Moscou /Les amoureux, 1952, détail, Collection particulière© ADAGP, Paris 2016 – Clichés : Banque d’Images de l’ADAGP1-Simulation  #2 Marc Chagall  Le violoniste bleu , 1947, détail, Collection  particulière /  Songe d’une nuit d’été,  1939, détail, Musée des Beaux-Arts de  Grenoble  / Double portrait au verre de  vin,  1917-18, détail, Musée national d’art  moderne – Centre Georges Pompidou,  Paris /  Saint-Paul dans la nuit bleue,  1970,  détail, Collection particulière /  La nuit  d’Orgeval,  1949, détail, The Museum of  Art, Kochi /  La Promenade,  1917-1918,  détail, Musée Russe de Saint-Pétersbourg  /  Bouquet blanc sur fond rouge, 1 970- 1975, détail, Collection particulière /  Gouache préparatoire pour la lithographie Sirène et poisson,  1956-1960, Collection  particulière /  Couple au bord de l’eau,  1954, Collection particulière © ADAGP, Paris, 2016 – Clichés :  © Banque d’Images de l’ADAGP  © Christie’s Images / The Bridgeman Art  Library © Centre Pompidou, MNAM-CCI,  Dist. RMN-Grand Palais / Adam Rzepka © Gianfranco Iannuzzi 2-Chagall MarcLE VIOLONCELLISTE, 1939, détail Collection particulière © ADAGP, Paris, 2016 – Cliché : Banque d’Images de l’ADAGP 3-Chagall Marc LES AMOUREUX,  1916, détail Collection particulière © ADAGP, Paris, 2016 – Cliché :  Banque d’Images de l’ADAGP4-Chagall Marc L’ACROBATE,  1 914, détail Collection Albright-Knox Gallery,  Buffalo, N.Y. © ADAGP, Paris, 2016.

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