Le papier peint s’affiche aux Arts Déco

0

Le Musée des Arts Déco nous invite à travers deux expositions à non pas faire tapisserie, mais plutôt à faire… le mur. Une approche historique mais aussi une vision contemporaine du papier peint et d’une maison d’édition de tissus et de décor mural, Pierre Frey.

Faire le mur, quatre siècles de papier peint. Si le papier est inventé en Chine, (les premiers vestiges sont datés du IIe siècle avant notre ère), le papier peint également. Marco Polo relate dans ses récits la faire-le-mur-4-siecles-de-papier-peintsmagnificence des intérieurs somptueux. Il faut cependant attendre le siècle des Lumières, pour que l’expression « papier peint » voit le jour (on parle de papier peint, mais ils sont imprimés). Diderot et d’Alembert en font mention dans leur Encyclopédie. France, Hollande, Allemagne s’emparent de ce nouvel élément de décoration qui suivra les modes, inspiré par la Chine, l’Étrurie, les découvertes de Pompéi ou Herculanum, la campagne d’Égypte… L’offre devient pléthorique dès la seconde moitié du XVIIIe. Les grands noms sont alors : Réveillon, Arthur & Grenard, Arthur & Robert, Zuber. Au XIXe, avec les avancées techniques, l’industrie du papier peint fleurit, c’est l’âge d’or qui se poursuivra au siècle suivant. Luxe et renouvellement, création contemporaine et introduction de nouveaux matériaux, de techniques autres… le papier peint s’adapte et poursuit sa vie.

Le papier peint est un procédé technique, mais aussi artistique. Comment à partir d’un dessin, peut-on arriver à une répétition non lassante sur le lé. Il faut un rythme, mais aussi une approche synthétique. À l’origine, il y a une esquisse (et on peut retrouver les plus grands artistes), adaptée par les dessinateurs industriels. C’est là toute la richesse de ces grandes maisons, car elles se renouvellent. Le papier peint procède du décor, crée des ambiance, se fait trompe-l’œil, panoramique. Il date les époques, reflète la mode. Il marque la spécialité d’une pièce…

Six salles pour six thématiques : Anoblir le mur (ou comment l’embellir) – Imaginer le murDéguiser le mur (notamment par les trompe-l’œil) – Raconter le mur (tous les courants stylistiques) – Inspirer le mur – Jouer le mur… ou comment les matériaux se font multiples, créant ainsi de vraies œuvres.

Tous ces papiers montrés s’entrechoquent, se marient, se mettent en valeur et nous renvoient à nos souvenirs. Il y en aura toujours un parmi tous qui vous fera un clin d’œil !

                                                                                 ♦♦ ♦♦ ♦♦ ♦♦ ♦♦ ♦♦ ♦♦ ♦♦ ♦♦

Tissus Inspirés – Pierre Frey. Avec les tissus de Pierre Frey, on entre dans un univers autre arton5936: la Maison Frey. Depuis 1935, cette maison familiale a une signature : l’exigence de qualité. Chronologiquement, les créations se suivent. Papiers et tissus se répondent avec plus de 200 travaux dont la mise en scène nous plonge dans un univers étonnant. Des vitrines tournantes aux parois tendues de tissu qui cachent un meuble, un objet, un vêtement, des murs de tissus, ou bien des collections capsules de designers contemporains rendent hommage à la création de Pierre Frey.

En regard des années 1935-1959, Julien Colombier crée ainsi un imprimé réagissant différemment aux « Monster Garden », Marcel Wanders, 2015 Tapis de laine tufté main, L. 345 cm ; l. 265 cm © DR (…) Marcel Wanders, né en 1963, est un créateur prolifique d’objets et lumières ultraviolettes. Les années 1960-1979 sont illustrées par Benjamin Graindorge en référence à l’Op’ Art. Un immense nuage dont il faut s’approcher pour en ressentir toute la définition, la pixellisation. Marcel Wanders, pour la période1980-1999, réinterprète le thème de la fleur dans un tapis que ne renierait pas un flower power. Enfin pour les années 2000-2015, Nao Tamura crée un jacquard où le thème de la nature est omniprésent dans une subtilité de couleur féérique.

Ponctuant l’exposition, 7 artistes contemporains ont été invités à travailler la matière, l’histoire, le motif, l’encre, la couleur et le bruissement de l’étoffe. Julien Salaud, nous offre à voir son « Bouquet », Cup & Saucer, 2012, Michelle Taylor Textile, porcelaine. H. 14cm x L 7cm, H. 12 cm ; L. 6 cm , Diam. 25 cm © DRPrintemps Cerfaure (2014), hybride du cerf et du centaure, lui même mi-homme mi-cheval, recouvert de perle. Le Bouquet, Cup & Saucer, (2012) de Michelle Taylor-Dorset, combine argile et tissu… subtil trompe-l’œil d’un objet faussement « cassé ». On verra aussi Peter Gentenaar, Paule Riché, Kumi Yamashita, Memo Akten et Label Dalbin. Une création qui fait appel à la création…

Béatrice Leroux-Huitema
Mid&Art

Musée des Arts Décoratifs
Faire le mur, quatre siècles de papiers peints
jusqu’au 12 juin 2016
Tissus Inspirés Pierre Frey
jusqu’au 12 juin 2016

L’ARTICLE VOUS A PLU ? PARTAGEZ LE :

Les commentaires sont fermés.