Deux expositions à ne pas rater : le rouge et le noir

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BALENCIAGA, L’OEUVRE AU NOIR – Musée Bourdelle  jusqu’au 16 juillet 2017
par Marie-Hélène Cossé

En hommage à Cristóbal Balenciaga (1895-1972), une magnifique exposition est consacrée à celui qui disait : « Un grand couturier, c’est un architecte pour les plans, un sculpteur pour la forme, un peintre pour la couleur, un musicien pour l’harmonie, un philosophe pour la mesure. » Noire, l’inspiration du couturier des couturiers puisant les racines de son oeuvre dans l’Espagne folklorique et traditionnelle de son enfance. Noir, le goût de l’épure de ce technicien hors normes avec ses lignes tonneau, ballon, semi-ajustée, tunique et sa célèbre robe-sac. Car chez le maître dont Dior disait que « le vêtement était sa religion », le noir, à l’instar de Soulages en peinture, est une matière vibrante, opaque ou transparente, mate ou brillante, tout en jeux de lumière. La magnificence des tenues tient ici autant aux tissus somptueux qu’à l’apparente simplicité de leurs coupes. Avec ça et là un rehaut de dentelles une broderie, un ruban de satin, des perles de jais, des paillettes… Une centaine de pièces venant du fonds Galliera et des archives de la Maison Balenciaga sont à admirer vite vite avant le 16 juillet au milieu des gigantesques statues de Bourdelle dans son musée, bijou écrin niché dans un délicieux jardin paré de fleurs à deux pas de Montparnasse : pièces de jour, ensembles du soir, robes de cocktail, accessoires… noirs bien sûr !

MÉDUSA – Musée Art Moderne de la Ville de Paris – jusqu’au 5 novembre 2017
par Christine Fleurot

Si vous avez décidé de vous rendre à cette exposition sous-titrée Bijoux et Tabous ne vous attendez pas à voir une galerie classique de haute-joaillerie, même si Cartier ou Van Cleef & Arpels sont présents. Le propos décapant d’Anne Dressen, commissaire d’exposition, porte « un regard contemporain et inédit sur le bijou » et nous invite à parcourir une belle et très pédagogique scénographie divisée en quatre grands chapitres : Identités et Subversions, Valeurs et Contre-Valeurs, Corps et Sculptures, Rites et Fonctions. Pas forcément féminin, mode d’expression de différentes communautés, précieux mais aussi de pacotille, ornemental ou performatif, magique ou utilitaire, le bijou, tout à la fois,  « engage le faiseur, le porteur et le spectateur ». Il est particulièrement intéressant de découvrir l’évolution des créations contemporaines (n‘oublions pas que nous sommes au Musée d’Art Moderne) et les artistes qui s’expriment entre artisanat et technologie. On retiendra particulièrement l’humour des créations d’Aude Medori (Les précieuses ridicules, papier toilette), Gilles Jonemann (La clé à molettes) ou Anni Albers (Drain Strainer piece, grille d’évier et trombones) et celles incontournables de la papesse Vivienne Westwood.

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