L’éducation des filles

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À l’heure de la théorie du genre et à l’occasion de la réédition du livre magnifiquement illustré* de Rebecca Rogers, professeure d’Histoire de l’Éducation à l’Université Paris-Descartes, et Françoise Thébaud, professeure émérite d’Histoire contemporaine à l’Université d’Avignon, La Fabrique des filles sorti en 2010, passons en revue l’éducation des filles de 1880 à 1975 (de Jules Ferry à la pilule…).  Éducation que les Mid&Plus ont eue et retrouveront en se plongeant dans l’ouvrage et auront envie de partager avec leurs filles bien étonnées de découvrir dans leur lecture à quel point certaines idées pèsent encore sur leur présent…

Fabrique de Filles-MidetplusNous avons grandi dans des écoles séparées où si l’enseignement ménager n’était plus à l’ordre du jour et si le programme d’études était le même, le message était différent en fonction du rôle social que nous allions être amenées à avoir (il était encore de bon ton de devenir une bonne femme et une bonne mère avec le mariage en toile de fond).  Il était écrit que certaines matières n’étaient pas notre fort : les langues mortes et les mathématiques… Notre passé était très « genré » ! Il faut savoir que les filles ont eu accès aux collèges et aux lycées à partir de 1880 (avec une heure d’enseignement ménager à tous les niveaux de scolarité, de l’élémentaire au lycée qui comprend des cours de cuisine, un peu de maths pour tenir les comptes de la maison, de la puériculture), avant d’être renvoyées à leurs tâches ménagères par le régime de Vichy. La mixité se généralise tardivement en France en 1975 (Loi Haby – quand les lycées français de jeunes filles ont été créés vers la fin du XIXe siècle, toutes les high schools américaines étaient déjà mixtes). Et quel chemin ensuite jusqu’à l’entrée de la première femme à Polytechnique en 1972 et l’accession en masse des filles aux études supérieures !

Et que dire des filles de nos filles ? Sur le site www.education.gouv.fr on peut lire le texte suivant :  « L’égalité des filles et des garçons constitue une obligation légale et une mission fondamentale pour l’éducation nationale…  2013-2014 est une annFabrique de filles-Midetplusée de mobilisation pour l’égalité à l’école avec trois chantiers prioritaires : transmission des valeurs d’égalité, renforcement de l’éducation au respect mutuel et à l’égalité, engagement pour une mixité plus forte des filières de formation à tous les niveaux d’étude ». Si les filles réussissent mieux que les garçons, elles s’orientent plus vers l’enseignement général et technologique que vers le professionnel et elles délaissent plus facilement les filières techniques et scientifiques. Dans les classes préparatoires, 74% des élèves dans les filières littéraires sont toujours des femmes et seulement 30% dans les filières scientifiques. Même constat pour les diplômes d’ingénieurs : 28% uniquement sont délivrés à des femmes. Toutes ces différences d’orientation ont bien sûr des conséquences sur leur insertion dans l’emploi. Beaucoup donc reste à faire…

La fabrique des filles – L’éducation des filles de Jules Ferry à la pilule – Rebecca Rogers et François Thébaud – Éd. Textuel.
*Journaux intimes, cahiers, images pieuses, modèles de broderie, bulletins scolaires, photos de classe, magazines de mode ou journaux féminins.
http://www.lepoint.fr/culture/la-fabrique-des-filles-femmes-mode-d-emploi-de-la-iiie-republique-au-mlf-06-11-2010-1259199_3.php
http://www.franceculture.fr/oeuvre-la-fabrique-des-filles-l-education-des-filles-de-jules-ferry-a-la-pilule-de-rogers-thebaud.ht

Marie-Hélène Cossé

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