Les Pionnières : Les belles et les bêtes

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Qui a eu cette idée folle, un jour… d’envoyer des femmes en pleine nature hostile, étudier les primates dans leur milieu naturel ? Il s’agit d’un homme, le primatologue Louis Leakey, financé par la National Geographic Society, convaincu que les femmes étaient plus douées que les hommes pour ce type d’étude, « capables d’aller sur le terrain et dont l’esprit serait vierge de toute théorie scientifique ».

Ainsi naquirent les « Trimates», trois passionnées d’animaux sans expérience ni éducation, mais dotées d’une sensibilité et d’une patience hors du commun : Dian Fossey, l’américaine, Biruté Galdikas, la canadienne d’origine lituanienne et Jane Goodall, la britannique. Origines, caractères, destins différents, mais une même passion pour les animaux dès leur enfance et un même investissement sans borne dans leur mission.

Dian Fossey

Sans doute la plus tristement célèbre, dont la vie et la fin tragique sera portée à l’écran dans un très beau film, d’après son livre référence, « Gorilles dans la brume ». Louis Leakey l’entraîne à aller étudier le comportement des gorilles au Rwanda. Elle va établir une relation exceptionnelle avec « ses » singes. National Geographic en 1970 montre Peanuts, un gorille, toucher sa main. Le cliché la rend mondialement célèbre et démontre que le contact apaisé entre un humain et un gorille sauvage est possible. Elle va tout donner pour défendre leur cause et elle paiera de sa vie son opposition frontale aux braconniers de la région. En 1985, à 53 ans, elle est retrouvée, le crane fendu en deux, sauvagement assassinée à coups de machette.

« Pour s’approcher d’eux, il fallait s’accroupir pour se montrer soumise… Les gorilles sont des êtres dignes, très sociables, doux, avec des personnalités individuelles, et des relations familiales fortes. »
©Dian Fossey - Mid&Plus

Biruté Galdikas

Sans doute la moins exposée médiatiquement, mais considérée comme l’un des plus grands experts mondiaux du comportement des orangs-outans. Son « terrain de jeu » ? Bornéo, où elle va passer trente ans, dans des conditions extrêmes (habitat précaire, sangsues, insectes carnivores…), à les observer et les comprendre. En 1986, elle crée sa fondation pour la sauvegarde des orangs-outans et leurs habitats.

©Biruté Galdikas - Mid&Plus

Jane Goodall

Où comment une frêle et jolie jeune secrétaire de 26 ans, se retrouve, sans formation spécifique, en Tanzanie à observer et apprivoiser une tribu de chimpanzés. Les chimpanzés mettent du temps à s’habituer à sa présence, mais son opiniâtreté vient à bout de leur méfiance. Ses études révolutionnent leur connaissance. Ils se révèlent biologiquement semblables aux humains et démontrent des nombreuses capacités intellectuelles, chassant pour se nourrir, utilisant des outils et maintenant des liens familiaux. En 1965, Jane Goodall soutient sa thèse de doctorat en éthologie, sans diplôme universitaire, sur le comportement des chimpanzés en liberté et crée son Institut en 1977.

« Dès l’âge de dix ans, je racontais à tout le monde comment, une fois grande, j’irai en Afrique vivre avec des animaux et écrire des livres sur eux. »
©Jane Goodall - Mid&Plus

Grâce aux « Leakey Angels », Louis Leakey pensait remonter à l’histoire de l’humanité. Elles ont permis de remettre en cause la singularité de l’être humain en mettant en évidence la part d’humanité des primates. La recherche, l’éducation, la conservation de la faune et la sensibilisation de l’opinion sur les dangers qui la menacent est leur combat d’aujourd’hui et de demain.

Agnès Brunel-Averseng

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