Marseille, plus belle la ville

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Marseille m’a cueillie au sortir de la Gare Saint-Charles. Le temps de circuler le long des bords de  mer, je pensais avoir tout vu de la deuxième ville de France. De Vauban qui a laissé son empreinte de pierres à Edmond Dantès, le héros du Comte de Monte-Cristo qui a fui le Château d’If, en passant par Marcel Pagnol qui pensait à elle, même de loin*, j’ai eu envie de mieux connaître la Marseille de 2015.

La ville a restauré ses monuments, nettoyé ses façades, agrandi ses terrasses et rendu le centre aux piétons. Bon, d’accord, les Marseillais parlent avec « l’accent », mais avec le soleil qui brille en permanence, le mistral qui souffle avec force, la chaleur et le sourire de vos hôtes font que leur voix chantante n’est pas fait pour vous déplaire, bien au contraire, vous chanteriez presque vous aussi !

Un peu d’histoire. Marseille, c’est la ville qu’on traversait autrefois en bateau, en train, en voiture et qui, aujourd’hui, souhaite accueillir des visiteurs du monde entier, les croisiéristes des hôtels flottants et les Provençaux qui descendent à la ville. Et voici comment, après avoir été Capitale culturelle de l’Europe en 2013, Marseille vaut le voyage, 3h en TGV de Paris. François 1er déjà s’y était arrêté en construisant la forteresse Saint-Jean et Louis XIV compléta cet ensemble pour protéger le port des invasions militaires. Plus tôt dans l’Histoire, de passage à Massilia (Marseille) lors de leur Tour de Gaule, Astérix et Obélix font référence à César. Pas ce cher vieux Jules, mais plutôt César Labeldecadix, dont les traits ne sont pas sans rappeler l’immense acteur Raimu, associé à la trilogie, César, Marius et Fanny.

Voir et être vu C’est un conseil d’amie, allez pour commencer votre promenade au Vieux-Port pour vous©V Sommet-Marseille-Midetplus voir en train de vous regarder ! Je m’explique : c’est une place sans nom, une prédominance de l’eau sur la pierre et le tout se reflétant dans un plafond d’inox poli miroir, composé de 153 panneaux et porté par 8 poteaux, plantés dans le sol de granit blanc. L’Ombrière de Norman Foster, qui s’élève à six mètres au-dessus de vous, nous montre en permanence les bateaux qui entrent au port et les passants qui déambulent et se regardent dans ce miroir géant avec la conscience de faire partie d’un monde en mouvement. Fascinant ! Laissez ensuite vos pas vous mener vers le Fo18._ensemble_fort_saint-jean_et_j4_c_mucem-agnes_mellon_-_architectes_rudy_ricciotti_et_roland_carta_rt Saint-Jean, ce complexe militaire qui dresse fièrement ses tours de guet et ses hautes fortifications entièrement restaurées, et, une fois empruntée la passerelle qui part du quartier du Panier, vous atteignez le point de jonction entre la ville et  le Mucem, musée installé au centre de l’Histoire dans un écrin contemporain, parallélépipède  habillé d’une dentelle de béton.

Des plus riches aux plus pauvres. Ce sont deux arrêts indispensables photo 2qui vous inciteront à sauter d’un siècle à l’autre sans vous préoccuper du temps qui a passé. Le premier est le Château Borély, jolie bastide du 18e siècle, propriété d’un riche commerçant de retour d’Égypte en 1767, qui présente au visiteur un bâtiment qui a retrouvé sa couleur d’origine et qui accueille dans ses salons décorés de trompe-l’œil et de ©Vieille Charité-Marseille-etre-femme-epoque-grecquecamaïeux des expositions en lien avec les Arts décoratifs, la faïence et la mode. Second arrêt, mais beaucoup plus pauvre, l’ancien hôtel qui accueillait les gueux et les mendiants avant de devenir après la Révolution, un hospice pour enfants et vieillards. Aujourd’hui, le Centre de la Vieille Charité avec ses murs en pierres roses et blanches a retrouvé sa splendeur d’antan, en dévoilant ses arcades, sa cour pavée, sa chapelle à la coupole ovale. Actuellement, une belle exposition, Être femme à l’époque grecque y est présentée invitant à imaginer la condition féminine de jadis, la vie privée et vie intime d’anonymes, loin de celles des divinités.

Partir pour mieux revenir. Un week-end à Marseille, c’est court mais vous donne envie de revenir pour continuer la promenade à la découverte des Calanques, de la Bonne Mère qui culmine à 160 mètres de haut, installée sur la Basilique depuis 1853 sur la colline de La Garde, du Vallon des Auffes, de la Plage du Prado, de la Côte bleue, du Port des Goudes, sans oublier la Corniche, la Canebière et la Pointe Rouge. Ah ! et j’oubliais, ne pas se priver du plaisir d’assister à un match de foot au Stade Vélodrome et de boire un  petit jaune (pastis) à la santé … des Marseillais.

Vicky Sommet

* « Je voyais dans mes rêves le peuple joyeux des pêcheurs, les petits bars ombreux le long des quais et les fraîches Marseillaises aux éventaires de coquillages … » Marcel Pagnol.

Un hôtel ? Le top c’est évidemment l’Hôtel-Dieu Intercontinenal – Alternative : le C2 et le Mama Shelter
Un restaurant ? La Cantinetta – 24 Cours Julien- 13006- Marseille- 04 91 48 10 48.
Bistrot italien à l’ambiance décontractée.

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