Nouveau prix littéraire

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Le prix Anaïs Nin, créé par les auteures Nelly Alard* et Capucine Motte**, a été remis lundi dernier à Paris pour sa première édition à Vernon Subutex, vol. 1, Virginie Despentes (Grasset). Doté de 3.000 euros, c’est le seul prix littéraire français orienté vers le monde anglo-saxon, puisqu’il est destiné à promouvoir le livre élu auprès des éditeurs anglais et américains (il sera traduit) et plus généralement à faire découvrir de jeunes auteurs français d’aujourd’hui à l’international. Son jury était constitué d’écrivains français et, pour la première fois, d’agents littéraires anglais et américains.

Le jury avait sélectionné cinq finalistes, dont quatre femmes :
Vernon Subutex, vol. 1, Virginie Despentes (Grasset) que Mid&Plus a lu pour vous (voir Bref ! Lire)

La gaieté, Justine Lévy (Stock)
Après Rien de grave et Mauvaise fille, cette « fille de » met l’enfant, sujet que nous connaissons bien, au centre de nos vies. Comment les aimer ? Que faut-il transmettre ? Texte rapide, léger parfois, mais le plus souvent âpre.

Je vous écris dans le noir, Jean-Luc Seigle (Flammarion)
Il s’agit du récit de la vie de Pauline Dubuisson, l’héroïne du film La Vérité de Clouzot, incarné par Brigitte Bardot, affaire criminelle des années 50. Elle tue son amant de trois coups de pistolet puis tente de se suicider. L’auteur remonte l’histoire de cette femme morte à 34 ans dans un récit bouleversant et pose la question des jugements non fondés que nous portons parfois hâtivement…

Dans le jardin de l’ogre, Leila Slimani (Gallimard)
L’héroïne de ce premier roman est une bourgeoise mariée mère de famille bien comme il faut mais qui n’aime pas sa vie. Elle est sexuellement insatiable et multiplie les amants de manière compulsive. Saisissant portrait de femme avec des mots qui claquent et un dénouement inattendu.

Un an après, Anne Wiazemsky (Gallimard)
La jeune actrice tout juste mariée à Jean-Luc Godard a 21 ans et reprend son récit après celui d’Une année studieuse en 1968 en faisant revivre l’époque et sa jeunesse électrique, le tout peuplé de belles rencontres.

Pourquoi Anaïs Nin ? Le prix, créé en son hommage, récompense une œuvre qui se distingue par une voix et une sensibilité singulières, l’originalité de son imaginaire et une audace face à l’ordre moral. Anaïs Nin est sans doute aussi un des seuls écrivains à avoir été traduit à la fois du français vers l’anglais et de l’anglais vers le français. Elle incarne le cosmopolitisme artistique de la France. Rappelons que cette auteure américaine d’origine franco-cubaine (1903-1977) a été révélée par ses journaux intimes écrits sur plusieurs décennies offrant une vision profonde de sa vie privée et de ses relations. Ses thèmes : la libération des désirs de la femme écrits noir sur blanc. Son ton ? D’une grande liberté, une écriture fine, adroite et sensuelle, un symbole de liberté face à l’ordre moral, un désir d’agrandir le champ de la conscience, le sexe en étant un moyen.

Marie-Hélène Cossé

img028*Nelly Alard, comédienne de théâtre et de télévision, scénariste, journaliste au magazine Télérama, romancière, a publié un roman en 2013 Moment d’un couple publié chez Folio début janvier.
**Capucine Motte, romancière, La Vraie Vie des jolies filles (Lattès), 2010 ; et le très joli livre Apollinaria : une passion russe, (Lattès), 2013, Prix Roger Nimier. À lire !

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