Un prix littéraire hors des sentiers battus

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Alice Kiner vient de recevoir le Prix CBPT 2018 pour son roman La nuit des Béguines paru aux Éditions Liana Levi. Quel est ce prix et quel est ce roman ?

Récompenser les auteurs non connus

La finalité de ce prix littéraire créé en 1980, remis en mai et reconnu par les professionnels du livre, est de faire connaître des auteurs francophones peu ou pas assez connus. Sont sélectionnés les romans (à l’exception des policiers, y compris premiers romans) parus dans l’année en cours (de janvier à décembre) d’auteurs non lauréats de prix majeurs. C’est un prix de bibliothécaires du réseau Culture et Bibliothèques Pour Tous : un comité se réunit régulièrement, à la recherche de romans dont le sujet et la qualité littéraire l’intéressent. Chaque livre est lu par tous les membres du comité. Une première liste, établie en juin, s’enrichit des livres de la rentrée de septembre, et évolue en fonction des prix littéraires.

Ce prix a permis de faire connaître :
©Prix CBPT - Mid&PlusAlice Ferney en 1998 pour son roman « Grâce et dénuement », récit de la découverte de la lecture par les enfants d’une famille gitane. Son dernier ouvrage « Les Bourgeois » (2017) a connu un grand succès.
Natacha Appanah en 2008 pour son roman « Le dernier frère » ; elle y parle de l’île Maurice, dans les années 40 et de l’amitié d’un indien et d’une réfugié juif.
Claudie Gallay en 2009 pour son roman « Les déferlantes ». Un style très poétique, décrivant merveilleusement les ambiances et les décors, des personnages d’une grande sensibilité, en marge des parcours traditionnels.
Beata de Robien en 2013 pour son roman « Fugue polonaise ». D’origine polonaise, elle évoque dans ce roman la mémoire de son grand-père. 

Un prix 2018 dans l’air du temps

La nuit des Béguines se passe à Paris dans le Marais entre 1310 et 1317. Une jeune femme, Maheut,  maltraitée par son mari, vient demander asile au Clos royal, communauté de béguines, mi-moniales mi-laïques. L’époque est celle des persécutions : les femmes libres sont suspectes : Maheut est rousse, sauvage et libre ; elle est l’image du démon… Une béguine, Marguerite Porete, instruite, met par écrit ses idées subversives et est brûlée vive. L’inquisition divise et, dans un pays appauvri, les Templiers sont pourchassés, d’autant plus que leurs richesses sont convoitées… L’on est transporté dans la violence de l’époque et l’on salue le combat de ces femmes, dont la solidarité, le courage et la foi ont fait école.

Le béguinage

C’est un ordre fondé par Saint Louis, et sous Philippe Le Bel, toujours protégé. C’est une alternative au mariage et au cloître et, sous la tutelle de leurs aînées, ces femmes peuvent étudier, travailler et mener une vie spirituelle. De tels béguinages ont existé dans divers pays, surtout aux Pays-Bas, jusqu’à une période très récente. Même de nos jours, il y a une renaissance de ce mode de vie qui concerne les hommes autant que les femmes. Quatre béguinages existent en France et douze sont en préparation.

Bonne lecture !

Béatrice Bothier
Membre du CBPT
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Aline Kiner, née en Moselle, vit aujourd’hui à Paris où elle est rédactrice en chef des hors-série du magazine Sciences et Avenir. Passionnée par l’histoire, elle a coordonné de nombreux dossiers consacrés au Moyen Âge.

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