Une reine au Japon

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76c7749bf8748c1ae3b74d7d54ae16c6Dans La Rose de Versailles de Riyoko Ikeda parue au Japon en 1972, Marie-Antoinette, est belle, capricieuse, passionnée et surtout follement éprise du comte de Fersen. Ce manga dont le succès a été considérable, va déclencher au Japon un véritable engouement pour le Palais de Versailles. Répondre à cette obsession des japonais, c’est le défi que le Mori Art Museum de Tokyo s’est donné en consacrant à cette reine de France une belle exposition qui illustre son parcours entre son arrivée à Paris jusqu’à sa montée à l’échafaud.

On lui fera grief de ses exigences coûteuses. Certes, nous sommes loin de la mise en scène du film de  Sofia Coppola même si des fameux macarons sont vendus à la sortie de l’exposition. Mais un superbe éventail dans la salle consacrée au mariage avec le dauphin, quelques déploiements de perruques et les somptueuses étoffes de la Manufacture Prelle qui ornaient la chambre de son Petit Appartement nous rappellent le faste qui l’entourait.

« Elle aime seulement se divertir ». On sait qu’elle aimait la chasse à courre. Sur l’un des tableaux de Louis-Auguste Brun de Versoix, on la voit monter en amazone (photo ci-dessous). L’histoire raconte pourtant que son plaisir était de chevaucher à califourchon en homme, pratique que condamnait sa mère craignant que cela ne soit dangereux pour enfanter.


Amaeru¹
 :  une femme fusionnelle avec ses enfants.
La salle de l’exposition la plus touchante est peut-être celle où se trouve le tableau monumental d’Élisabeth-Louise Vigée Le Brun. Marie-Antoinette y est représentée en mère comblée entourée de ses trois poupons joufflus, arborant un visage serein, aimable et pétri d’amour maternel (Photo ci-dessus).

© Musée de la Révolution française, Vizille, Photo RMN-Grand Palais -

Marie-Antoinette conduite à son exécution-William Hamilton

Une femme dans la tourmente. On aurait presque voulu que l’exposition s’arrête là. Mais les guides vous entraînent vers la salle suivante : Marie-Antoinette au tribunal révolutionnaire dignement représentée sur une gravure d’Alphonse François, d’après Paul Delaroche. C’est dans la salle du passage de la prison à l’échafaud que la foule semble la plus dense. On s’interroge un peu sur cet intérêt morbide. Le soulier perdu qui fait partie de la collection du Musée des Beaux-arts de Caen rappelle sa montée sur l’échafaud.

Cette exposition exceptionnelle de par la quantité d’œuvres exposées (200) nous entraine dans un parcours sobre qui recense tous les aspects de l’un des personnages les plus controversés de l’Histoire de France. En descendant les 52 étages de la Tour Mori, on repense à son caractère résolu : « J’ai appris de ma mère à ne pas craindre la mort et je l’attendrai avec fermeté ».

Michèle Robach
Mid&Japon

Marie-Antoinette, une Reine à Versailles au Mori Arts Center Gallery- -Roppongi Hills Mori Tower- 52ème étage- 6-10-1 Roppongi, Minato-ku, Tokyo 106-6150- Du 25 octobre 2016  au 26 février 2017.
¹Amaeru : Concept défini en 1973 par le psychiatre japonais Takeo Doi pour définir le sentiment de dépendance affective.

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