Pro Mommy ou no Mommy ?

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Le réalisateur Xavier Nolan joue dangereusement avec nos nerfs et émotions. À l’instar des sautes d’humeur du jeune Steve, bipolaire, le spectateur est embarqué pendant plus de deux heures dans un enchaînement de montagnes russes où alternent moments de douceur et crises de violence physique et verbale (en joual, dialecte issu de la culture populaire urbaine de la région de Montréal), entre scènes d’hystérie et plans joyeux. Tant de choses sont dites dans ce film : sur la communication ou non-communication (entre logorrhée et bégaiement), sur l’amitié, l’attachement, sur le couple, la solitude, le deuil, la désocialisation… qu’on ne peut rester indifférent à la destinée de ce trio d’écorchés vifs. Saluons la performance époustouflante des interprètes : Anne Dorval en « mère courage » bien déjantée, Antoine-Olivier Pilon entre ange et démon et la voisine mutique incarnée par Suzanne Clément. Le format original (carré : 1/1) renforçant la notion d’enfermement des personnages, la musique omniprésente (de Oasis à Céline Dion), le langage de charretier mère -fils, la tension insoutenable qui met en permanence le spectateur sur le fil du rasoir peuvent en gêner certains. Pourtant c’est cette audace formelle qui fait du film  Mommy ce concentré d’énergie, cette véritable « bombe émotionnelle ». À dégoupiller ou pas…

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