Christine Verzat, se battre pour les Aspies

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Christine se remet en cause à la cinquantaine. Cela fait plusieurs années déjà qu’elle doute de l’intérêt de ses allers et retours entre Nantes, où elle est maître de conférences à la fac de Sciences Éco, et Paris où elle habite avec son mari et ses enfants. Touchée personnellement dans son entourage par l’autisme, et plus précisément le syndrome Asperger, Christine découvre le parcours du combattant des parents concernés…

Tout savoir

Après 20 ans de recherche intense et d’enseignement universitaire, Christine a besoin de reprendre possession de son corps. Elle s’octroie d’abord une année sabbatique où elle s’adonne à ses passions (botanique et chant choral) avant d’exercer son droit à la retraite. Puis elle se lance à fond et lit tout sur l’autisme, va à des conférences, suit une guidance parentale¹, se forme (DIU autisme et troubles envahissants du développement). Un psychiatre rencontré sur le parcours lui conseille d’oeuvrer pour les jeunes adultes autistes Asperger², car il existe peu de choses en France pour leur accompagnement professionnel, contrairement aux USA et au Canada. Christine décide alors de monter une structure afin de les accompagner vers l’emploi. Albatros Job naît en 2015.  Sa cible ? Des jeunes de 15 à 30 ans.

« Quelle est la différence entre une mère d’autiste et un bouledogue ? Le rouge à lèvres ! » Josef Schovanec philosophe, écrivain français et voyageur autiste
©Josef Schovanec - Mid&Plus

Accompagner vers l’emploi

Christine propose avant tout aux jeunes gens qu’elle reçoit d’apprendre à se connaître, savoir dans quelles directions chercher, comment rédiger un CV et passer un entretien. Les séances³ se déroulent en trois parties. D’abord un récit de vie qui leur permet d’apprendre à parler d’eux et se projeter dans l’avenir, et à la coach de comprendre leur demande. Souvent les Aspies ont un problème d’identité (ils sont indécis car ils ne savent pas qui ils sont) et un trouble de la communication (pour eux le dialogue est semé de pièges). Christine leur apprend à connaître leur handicap, à reprendre confiance. Puis elle procède à un bilan sensoriel (outil thérapeutique transposé aux autistes). Enfin, elle travaille sur leurs centres d’intérêt, elle cherche des compétences à l’aide de photos, les aide à trouver des pistes pour des métiers. « Quels sont les gestes que vous aimez faire ? Quels sont les environnements professionnels que vous aimez ? » À l’issue des séances, ils repartent avec des orientations, des idées concrètes et une meilleure image d’eux-mêmes.

EN SAVOIR PLUS

Lire Je suis à l’Est ! de Josef Schovanec (Plon, 2012)
Regarder Le cerveau d’Hugo docu-fiction écrit et réalisé par Sophie Révil en 2015
Revoir Rain Man de Barry Levinson (1989) avec Dustin Hoffman et Tom Cruise

Christine parle de son métier avec énergie et passion. Elle continue à beaucoup lire et à travailler sur le sujet en lien avec les institutions. Elle souhaite pouvoir former d’autres gens, car la tâche est vaste et ils ne sont pas assez nombreux. Si les Etats-Unis ont compris l’énorme intérêt d’utiliser le potentiel des adultes atteints du TSA, en France tout est encore à faire malgré le timide 4ème plan sur l’autisme dévoilé en avril dernier…

Marie-Hélène Cossé

¹Chez AMC Ressources, organisme de formation spécialisé dans la communication en famille et en entreprise.
²Les troubles du spectre autistique ou TSA ne sont pas un handicap mais un dérèglement neurologique. Il existe des TSA avec retard mental et ceux sans retard mental. On parle alors du syndrome d’Asperger et on les surnomme Aspie.
³Il faut compter de 6 à 7 séances, jusqu’à 12 à 13 avec un bilan sensoriel (€50 la séance).

©Christine Verzat - Albatros Job - Mid&Plus

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