Françoise Morvan, CLEF en main

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Dès le départ, Françoise Morvan a orienté sa carrière vers les autres et les femmes en particulier. Assistante sociale, elle s’est engagée sur plusieurs fronts, la lutte contre les exclusions des plus démunis à Paris, Nantes, Brest, Marseille, un soutien aux femmes dans le cadre de l’Association franco-africaine des femmes de Paris et une parole féministe au Forum Femmes Méditerranée. Elle est aujourd’hui présidente de la CLEF¹.

Un projet et un engagement

Cet organisme créé en 1991 à Bruxelles résulte de la rencontre de la société civile européenne, d’une part, et de la Commission européenne, d’autre part, qui voulait travailler à la promotion de l’égalité hommes/femmes après avoir fait le constat qu’elles avaient des difficultés pour accéder au marché du travail. Sa devise : « Pas de démocratie sans les femmes ! »  Avec 2 000 associations en Europe et 65 en France, l’activité de la CLEF n’a pas faibli depuis sa création !

« Nous sommes concernées par tous les droits des femmes comme l’égalité professionnelle avec de nouvelles directives pour qu’il y ait 40% de femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises ou sur les conditions du droit à l’avortement complètement sorti de la sphère morale puisque les femmes n’ont plus à justifier leur demande pour avorter. »

Le droit à l’avortement en question

Il faut citer le cas de l’avortement en Espagne et de la force de la mobilisation de la société civile et des féministes qui a obligé le gouvernement espagnol à reculer. En Pologne, en 2016, on a assisté à un lundi noir où les femmes ont manifesté en force et empêché le gouvernement de mettre en place ses réformes. En Hongrie aussi, mais le poids de la Commission et du Parlement européen ont fait que rien n’a été concrétisé. Et aux USA, avec l’arrivée de Donald Trump, il a fallu démontrer que les droits des femmes sont universels et la manifestation du 21 janvier avec la Women’s March exprimait la volonté partagée par toutes les femmes que là aussi il n’y ait pas de marche arrière. La principale revendication consiste à ce que figure dans la Charte européenne des droits fondamentaux, la reconnaissance des droits sexuels et reproductifs. Actuellement, il n’est question que de santé procréative.

« Nous participons chaque année à la Commission du Statut des femmes à New-York où des femmes du monde entier se retrouvent à l’ONU. On ne pourra sauver la planète sans la planification des naissances et il faut pour cela, permettre aux femmes d’être maîtresses de leur sexualité et ne plus les contraindre à un rôle procréatif ». 

En ce mois de décembre, reconnue pour son engagement et sa détermination à améliorer la vie des femmes en France et en Europe, elle vient de se voir décerner la Légion d’Honneur en tant que Chevalier de l’Ordre. Ce qui ne l’empêchera pas de continuer ses actions car elle n’envisage la retraite qu’en continuant à se battre, il reste tant à faire et le jardin de la maison familiale attendra sa jardinière encore un peu !

Vicky Sommet

¹CLEF- Coordination française pour le  lobby européen des Femmes.
Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’encontre des femmes. Livret édité par la CEDEF

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