Isabelle Brisson : sérieux s’abstenir

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« Lorsque nous confondons nos doigts de pieds avec le ventilateur favori des Espagnoles, Isabelle Brisson-Midetplusautant dire que nous nous prélassons ou que nous sommes au comble de la jouissance ». Ce n’est pas moi qui le dis, mais c’est elle qui l’écrit ! Elle, c’est Isabelle Brisson qui continue à prendre son pied en poursuivant, « Historiquement, le 44 fillette de Charlemagne, fils de Berthe aux grands pieds, a donné une certaine dimension à la France du Moyen-âge. Cette unité de longueur qui portait le nom de pied du roi équivalait à 0,324m ». Si vous ajoutez à cela qu’elle a obtenu la distinction de Commandeur exquis de l’Ordre de la Grande Gidouille du Collège de Pataphysique, vous comprendrez que cette femme mérite toute notre attention !

Une envie irrésistible d’écrire
L’envie d’écrire l’a prise très tôt et Isabelle Brisson, après avoir officié en tant que journaliste, s’est lancée dans la rédaction de livres en appuyant là où ça fait mal, pour distraire sans trop égratigner car elle pense qu’on 9782212542301_h430retient mieux ce qu’on apprend en s’amusant. « Les écrivains n’ont rien inventé, ils ont juste le sens de l’observation et une certaine sensibilité pour raconter ce qu’ils voient autour d’eux ». Avec Langue de vipère et œil de biche et Le stress du bigorneau, les quatre pattes sont à la fête ; quant aux deux pattes, ils ont aussi du souci à se faire : « J’ai fait une enquête sur les rencontres par Internet dans Chasseuses d’hommes et la conclusion est qu’on ne peut leur faire confiance ». Sa générosité n’a pas de limite car elle a l’extrême amabilité de porter à notre attention une information essentielle : « Grand nez, grand zizi » serait selon les paléontologues un des facteurs de la survie de l’espèce. À relever dans Les doigts de pieds en éventail, une promenade récréative dans les expressions françaises, préfacée par Yves Coppens paléoanthropologue  et illustrée par Piem.

Ah, la famille !
Mais Isabelle Brisson a des excuses, un grand-père critique dramatique et Directeur du Figaro, une grand-mèLa+rencontre+qui+tueDSC_1779are comédienne : « Elle nous enchantait avec la Comtesse de Ségur qu’elle lisait si bien quand nous étions malades mes sœurs et moi. Pour peu, j’aurais dormi la fenêtre ouverte pour prolonger la maladie ». Après le grand-père du grand-père… et son père, à son tour elle ne pouvait qu’écrire : « Je n’ai jamais envisagé d’exercer un autre métier que journaliste puisque j’étais trop timide pour monter sur les planches. Entrée au Figaro, j’espérais travailler à la page Spectacles mais on m’a installée à la page Sciences. J’ai arpenté les couloirs du Muséum d’Histoire Naturelle, suivi ses directeurs en Afrique, voyagé avec les Inuits au Nunavut, participé à des chasses aux phoques mais le mauvais temps a fait qu’on n’en a pas vu un seul… comme pour les mandrills du Gabon ! ».

La comédie n’est jamais très loin
Ses années au Lycée français de Londres l’ont inspirée pour nous amuser avec des expressions empruntées àCovert+isa+2+(10) l’anglais dans Il pleut des chats et des chiens et elle a réitéré avec l’espagnol dans Une vache espagnole. Elle vit aujourd’hui dans un village de 1.480 habitants dans l’Hérault, s’est investie dans le Conseil municipal et anime un atelier d’initiation au théâtre dans le cadre du réaménagement des rythmes scolaires : « J’ai écrit des saynètes adaptées de romans, Don Quichotte de Cervantès ou Tistou les pouces verts de Druon. Et je travaille aussi sur Maître Corbeau sur un arbre perché tenait en son bec un chewing-gum ou sur le Dr. Knock qui fait manger des fraises Tagada à ses malades ». Demain, elle envisage d’écrire sur l’histoire du Loto, sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle qu’elle a déjà parcourus : « Il me reste 650 km sur les quelques 1800 à parcourir, si mes pieds me le permettent ». Et de continuer à raconter des histoires drôles à ses deux petites-filles qui ont une grand-mère pas comme les autres !

Vicky Sommet

Les doigts de pieds en éventail : une promenade récréative dans les expressions françaises-Poche
Langue de vipère et oeil de biche– Éditions Eyrolles
Chasseuses d’hommes– Éditions Ovadia
Le stress du bigorneau et autres histoires-Plon
Une vache espagnole- Éditions Ovadia.

Il pleut des chats et des chiens– Éditions de l’Opportun


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