Karine Le Marchand, confession sur canapé

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Des Maternelles à L’amour est dans le pré jusqu’à Une ambition intime en 2016, en passant par un livre co-écrit avec l’impertinente chroniqueuse Alix Girod de l’Ain¹, qui est donc vraiment Karine Le Marchand, au-delà de la belle animatrice de télévision française qui casse les codes du petit écran en nous emmenant dans l’intime de la politique française ?

Une famille de femmes. Née à Nancy d’une mère lorraine et d’un père originaire du Burundi qui les quitte très vite, Karine est élevée par des femmes. « Pas toujours facile d’être métis dans une famille de blonds aux yeux bleus » sourit-elle. Elle développe l’envie de faire rire (« ma mère en avait besoin ») et une forte personnalité qui l’amène dès 17 ans à partir vivre seule à Paris pour passer son bac et vivre dans une ville anonyme où on peut être différent.

Carrière télé. Après un court passage dans le mannequinat (bien compréhensible au regard de sa taille, son incroyable sourire et son physique de rêve ! mais « difficile », avoue-t-elle, « pour une féministe d’être une femme-objet »), puis 1.000 boulots dont un passage à la radio, elle commence sa carrière télé sur France 3 avant de rejoindre TV5 puis France 5 où elle animera pendant cinq saisons l’émission Les Maternelles (une émission de femmes pour les femmes qui va bien à celle qui se retrouve alors célibataire à élever sa petite fille). Puis en 2009, elle reprend sur M6 l’animation de l’émission qui va la rendre célèbre et qu’elle va rendre célèbre : la belle aventure de L’amour est dans le pré dure pour elle depuis 7 saisons !

« Je savais déjà que la parole libère de tout. Je viens d’une famille où il y a des secrets.
Les barrières tombent quand on parle. Il suffit de susciter la confiance et tirer le bon fil. » 

©Shutterstock-Gilles Marie Zimmernann-M6-Karine Le Marchand

Faire parler les politiques. En 2016, à nouveau célibataire (« Donc avec plus d’énergie… car l’homme prend beaucoup d’énergie » dit-elle mutine), Karine se demande quel est le plus dur à faire parler après les agriculteurs ? Les politiques ! Elle propose alors à la chaîne de faire une émission où elle ira à la rencontre des hommes et femmes politiques en les faisant parler de leur parcours dans leur cadre intime. Une ambition intime³ est née !

Chaque interview donne lieu à un minutieux travail d’enquête préalable. Le plateau qui va servir de décor est plein d’objets familiers que l’animatrice va chercher chez l’interviewé. Déstabilisés au départ, les politiques lui font confiance et se relâchent assez vite.

« J’aime quand ça cède. La personne interviewée change de tête, se détend. 80% des spectateurs qui regardent les émissions politiques sont des hommes de plus de 60 ans. Mon émission a eu quatre fois plus de jeunes et de femmes en audience ! »

Ses idées pour les femmes demain ? Que nous soyons plus sûres de nous pour mieux avancer et négocier. Pour moins stresser, investir un terrain sur lequel il n’y a pas forcément d’obligation de résultat. Et enfin créer un label d’Entreprise qui aime les femmes avec une charte sur laquelle les patrons s’engagent, notamment sur la parité hommes-femmes des dirigeants et l’égalité de salaire. Beau programme non ?!

Marie-Hélène Cossé

¹L’Amour est tout près (Éditions Philippe Rey, 2013).
²Écouter les 8 interviews en replay ici.

Les questions Mid&Plus

©Karine Le Marchand - Mid&Plus

Karine et Patricia Chapelotte au déjeuner Génération Femmes d’Influence 19 avril

  • D’où vient ce beau mélange de naturel et de confiance en soi ? Je n’ai pas manqué d’amour, même si j’ai été élevée à la dure. Sans père, j’ai pioché des figures paternelles dans mon entourage.
  • Quelle est votre force ? Métis, je me méfie des idées reçues et je fais attention à toujours dire ce que je pense et à faire ce que je dis. J’ai toujours eu peur de me perdre. J’ai une petite lumière rouge qui s’allume quand je suis en danger.
  • Qu’est-ce que c’est être heureuse pour vous ? Avoir l’art du bonheur ! Mes expériences de vie et du malheur font que je sais que ça va passer quand ça va mal. Et puis je m’entoure bien. Je ne suis pas attirée par les gens qui entraînent vers le fond. Il faut travailler son instinct !
  • Votre petit moteur au quotidien ? Issue d’une famille d’artisans, on m’a appris à remettre sur la table mon ouvrage chaque jour. 
  • Peur de vieillir ? Mais je n’ai pas envie d’être vieille ! À 48 ans, je cours* 5 fois par semaine et fais attention à ce que je mange.
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    Karine a développé avec des professionnels du running l’application gratuite Smilesrun pour apprendre à courir sans se faire mal.
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