Lucille Desjonquères, chasseuse de jupons

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À quelques mois de l’échéance de la loi Copé/Zimmermann¹, Lucille Desjonquères, fondatrice de Femmes au Cœur des Conseils et chasseuse de têtes, mobilise toute son énergie à aider les femmes à briser le plafond de verre et les entreprises à féminiser leur conseil d’administration. Le compte à rebours a commencé, plus que 197 jours !

Pourquoi ?  La loi impose de recruter des administrateurs du sexe le moins re©Lucille Desjonquèresprésenté à l’intérieur du conseil d’administration (les femmes… bien que Marie-Jo Zimmermann  rappelle que le quota s’applique aussi aux hommes), avec un objectif de 40% à l’horizon 2017. Si le seuil des 20% requis pour 2014 a été globalement atteint, celui des 40% pour le début de l’année prochaine est loin d’être gagné ! Toutes les entreprises cotées et non cotées qui affichent 50 M€ de CA et 500 salariées sont concernées (à l’exception des SAS) et le danger est donc grand, compte tenu de l’imminence de la date, qu’elles ne prennent pas le temps de recruter scrupuleusement leurs futures administratrices et embauchent des femmes non adaptées… Bien souvent, en effet, les dirigeants ne savent pas où les trouver, se contentant de faire le tour des Comex, où elles sont déjà fort peu nombreuses… (Photo : Lucille Desjonquères et Marie-Jo Zimmermann, députée de Moselle)

« Il va falloir trouver des milliers d’administratrices pour les PME, les fondations, les établissements publics
ou les chambres de commerce dont beaucoup n’ont pas encore réalisé qu’ils tombaient sous le coup de la réglementation ».
Lucille Desjonquères

Partir à « la chasse aux jupons »Dans le métier depuis 2001, aujourd’hui directrice générale du cabinet de recrutement Leyders Associates, Lucille Desjonquères est sensibilisée en 2013 à la loi Copé-Zimmermann par un de ses amis. Elle décide alors de s’impliquer à fond dans la mission consistant à proposer des mandats aux femmes. Cette belle femme énergique et battante commence par partir à « la chasse aux jupons » ! Très vite, elle réalise que sous le « plafond de verre » se cachent de véritables talents parfaitement éligibles pour des conseils d’administration ou des Comex, beaucoup de femmes n’osant pas, parfois même étonnées qu’on les sollicite…

Créer un vivier de femmes. Toutes ces femmes vont constituer un vivier qui fait le bonheur des premiers clients stupé©Lucille Desjonquèresfaits de découvrir des profils aussi pertinents. En 2015, le fichier compte 1.000 femmes ! L’enjeu consistant ensuite à allier sur le terrain l’offre et la demande, Lucille Desjonquères recrute des senior advisors dotés de réseaux importants (principalement de jeunes retraités, consultants aguerris ou managers de transition) pour le faire et qui vont permettre à ces femmes injustement invisibles de devenir visibles… Ses actions engagées ont permis depuis à Lucille d’être identifiée par le prestigieux réseau américain International Women’s Forum (IWF) qui lui a confié le lancement du chapitre français. (Photo: Lucille Desjonquères en compagnie de la présidente monde d’IWF, Teresa Weintraub)

Briser le plafond de verre ! Les délais se rétrécissent… plus que 197 jours©Lucille Desjonquères avant la date fatidique du 1er janvier 2017 ! Lucille Desjonquères et Femmes au Cœur des Conseils ont lancé la campagne « Brisons le plafond de verre » pour convaincre les dirigeants n’ayant pas encore agi à devancer la loi et féminiser leur gouvernance dans l’intérêt de leurs affaires, mais aussi de toutes les femmes et de l’ensemble de la société française. En collaboration avec Opinion Internationale et de nombreuses personnalités, un Manifeste sera prochainement lancé et mis en ligne afin d’être signé par le plus grand nombre d’entre nous pour encourager le mouvement. (Photo : Lucille Desjonquères et Bernard Esambert)

Le rêve de Lucille pour demain ? Propager cette dynamique en Europe afin de la redescendre en verticale dans les Comex, où les femmes sont aussi bien loin d’être représentées, puis ensuite directement aux postes clés des entreprises : une belle descente qui donnera peut-être lieu enfin à une égalité des salaires…

Marie-Hélène Cossé

¹Loi n° 2011-103 du 27 janvier 2011 relative à la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance et à l’égalité professionnelle imposant une obligation de respecter un quota minimum de membres de chaque sexe. Les sanctions prévues en cas de non-respect de la loi sont, d’une part, la nullité des nominations non conformes à l’objectif de parité, et d’autre part, la suspension de versement des jetons de présence.
²IWF (International Women’s Forum) est un réseau féminin créé aux États-Unis en 1982 et fédérant plus de 6.500 adhérentes dans 36 pays.

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