Martine Roy Rager, la magicienne des livres

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Pour préserver les écrits d’auteur anciens ou modernes, le relieur donne une seconde vie aux livres en appliquant des techniques traditionnelles, guidé par ses outils, sa main et son esprit. C’est en voyant une publicité qui affichait « Faites de la reliure » que Martine Roy Rager s’est lancée. 

Un métier par hasard

Travaillant dans la fiscalité pour une entreprise pétrolière, Martine quitte sa vie d’avant et continue en professionnelle ce travail « qui coule, qui sort des mains naturellement ». Elle ouvre son atelier « en toute innocence parce que je ne savais rien faire » et elle a la chance de rencontrer un artisan qui décide de vendre le sien après lui avoir transmis le métier pendant dix ans. « Je regardais ses mains et je trouvais son travail extraordinaire ».

Hier et aujourd’hui

La reliure s’est codifiée à la naissance de l’imprimerie avec des éditions importantes et une technique presqu’inchangée aujourd’hui : deux cartons, la consolidation avec des ais, des morceaux de bois cloutés pour protéger l’ouvrage et la couture. « J’ai quelques machines dans mon atelier comme la coupe à la cisaille. Les fabricants de papier aussi se sont raréfiés, même s’il y a encore quelques moulins, Moi je travaille avec du papier-chiffon mais aujourd’hui plus de typographie, de compostage ou de marges à respecter. J’avais l’impression de faire partie d’une chaîne, l’écrivain, l’éditeur, le relieur, mais la chaîne s’est rompue ! »

©Reiliure - Mid&Plus

La pérennité du livre

Apprendre le travail, c’est aussi s’habituer à rentabiliser son geste, à comprendre le client qui vient voir le relieur avec son petit trésor, saisir sa démarche et faire en sorte que ce trésor change de propriétaire le temps de la réparation. « Une fois terminé, le livre me quitte, mais je sais qu’il vivra même si nous disparaissons. Je ne suis pas commerçante, je ne connais pas la valeur des livres, mais je m’attache à celle que le client lui donne. Il n’y a pas de beaux livres, de mauvais livres, ils ont tous quelque chose ». Après le relieur viennent le doreur, le doreur sur tranche, le marbreur, des métiers qui ont tendance à disparaître, pouvoir économique en baisse, raréfaction des livres brochés et non-renouvellement de la clientèle « Mes jeunes clients ont 50 ans et plus. Dans la reliure, si on enlève tradition et transmission, ce sera la fin de ce métier ! ».

Martine Roy-Rager n’imagine pas aujourd’hui se reconvertir, « je reste dans mon pigeonnier du 18ème », et même s’il reste une seule usine pour entretenir les machines, le travail se fera et la relieuse sera toujours très heureuse de vous accueillir et de vous montrer son travail d’artisane, gardienne d’un passé pour en faire un gardien du futur.

Vicky Sommet

Martine Roy Rager propose des cours de reliure artisanale
©Martine Roy - reliureaussi bien pour les débutants que pour ceux qui souhaitent se spécialiser dans la reliure d’art,
chacun est accompagné selon son rythme et son niveau.

€290 par trimestre pour 2h00 de cours par semaine (les mardi ou jeudi matin de 10h00 à 12h00).
Le prix des fournitures, dorure, cartons, gardes blanches sont à la charge des participants.
80, rue Joseph de Maistre, 75018 Paris – Métro 
Guy Moquet ou Lamarck Caulaincourt – bus 85
martine.royrager@orange.fr – Tél. 06-72-37-76-47

 

 

 

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