Murielle Pringez, entreprendre pour s’épanouir

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Élevée dans une culture franco-algérienne, Murielle n’a jamais entendu dans son enfance le « non parce que tu es une fille » et ne reçoit pas, loin de là, l’image qu’une femme doit être à la maison, mais plutôt qu’elle doit être éduquée. Celle qui voulait changer le monde dès l’enfance (on la surnommait Mère Teresa…) se dirige tout naturellement vers la voie scientifique pour suivre 6 ans d’études de pharmacie.

Créer son entreprise pour pouvoir s’épanouir

Murielle commence sa carrière dans plusieurs laboratoires pharmaceutiques où elle ne trouve jamais qu’être une femme est un problème. « C’est le diplôme qui compte et c’est le statut qui fait la différence. » En revanche, pour l’éthique impossible… Elle quitte alors leur monde pour devenir formatrice et consultante en organisation dans des institutions européennes et dans des entreprises de toutes tailles. C’est là qu’elle s’entend dire qu’elle ne peut pas être responsable, car elle est une femme. « On peut avoir 15 enfants, mais pas de carrière ! » ironise-t-elle. Et comme il n’existe pas, semble-t-il, d’entreprise où elle puisse s’épanouir, Murielle décide de créer sa propre structure à 37 ans : ACCOFOR, organisme de formation tourné vers le développement des talents.

©Murielle Pringez - Mid&Plus

Muriel de Saint Sauveur, Frédérique Cintrat, Murielle Pringez, Marie Schneegans

Femme engagée, femme de mandats

« Il est difficile aujourd’hui de trouver des femmes qui veulent bien prendre des mandats », explique Murielle qui se lance en 2013 et devient conseillère et Vice-présidente de la Commission action sociale et santé au CESER Île-de-France. Nommée pour 6 ans à 39 ans (la plus jeune…), elle y participe 4 jours par mois. Elle devient en 2016 Vice-présidente d’Entrepreneuriat au Féminin (EAF) et donne aussi 2 heures de son temps chaque mois à Yvelines Actives afin d’aider les chefs d’entreprise qui le souhaitent à obtenir des prêts. Murielle oeuvre aussi à la Fondation Suez 78 pour l’insertion des femmes : « La posture des femmes changera, si elles ont accès au savoir. » Aujourd’hui ses mandats lui prennent environ un tiers de son temps !

Belle rencontre inspirante que cette chef d’entreprise engagée et audacieuse, pleine d’énergie et de projets, oeuvrant au positionnement des femmes, et dont le mantra, si souvent entendu pendant notre rencontre, est : « La vie est belle ! »

Marie-Hélène Cossé

Les questions Mid&Plus

©Murielle Pringez - Mid&Plus

Murielle Pringez (2e en partant de la gauche) à côté de moi au colloque du 19 juin

Votre moteur du matin ? Un minimum de sport au réveil, se rappeler qu’on est vivant, que c’est une journée de plus dont on va profiter et surtout que rien n’est acquis !
Un mentor ?  Marie-France Aymard Dufour, manager chez UPSA, qui m’a permis de découvrir quelle personnalité se cachait derrière ma timidité maladive. Ce n’est pas celui qui donne qui a le courage, mais celui qui reçoit, prend et se transforme. 
Les réseaux au féminin ? Ils permettent de partager pour être plus forte, se mettre dans la lumière, prendre du recul et rompre la solitude de la femme chef d’entreprise pour sortir de son activité, se faire du bien, voir ailleurs, apprendre à déléguer et mieux gérer son temps.
Le secret de la réussite ? Oser, être bien entourée pour tenter l’aventure, ne pas se prendre au sérieux, garder l’humilité, revenir à des choses simples  comme travailler la terre pour être ancrée. J’ai eu la chance d’avoir un conjoint qui m’a poussée et épaulée.
Votre réussite ? Mes jumeaux 21 ans, déjà engagés ! Je suis fière d’eux, mais le principal est qu’ils le soient d’eux-mêmes. Ma famille c’est ma bulle, ma source d’énergie. 
Demain ? Je souhaite permettre l’accès au savoir à plus de monde, car l’avoir c’est pouvoir choisir. J’aimerais aussi travailler à la labellisation des compétences, c’est-à-dire reconnaître les compétences plutôt que les diplômes. 

 

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