Renate fait carrière dans le marbre

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Peu de femmes sculptent le marbre. Un symposium international organisé au Domaine de Bayssan (Hérault) a tenté de vulgariser ce secteur méconnu du grand public en révélant notamment Renate Verbrugge, une quasi autodidacte éprise de poésie, de rêverie et d’imaginaire.

Un métier prenant

« Dans le domaine de la sculpture monumentale (au-delà de 1 m³) il y a seulement 30% de femmes », explique Renate. C’est un métier plutôt masculin à cause de l’outillage utilisé et de la technique plus que de la force. Comme elle est bien charpentée, ce dernier élément ne lui pose aucun problème. C’est un métier empreint de poésie, de rêverie et d’imaginaire, même s’il est parfois ingrat : il y a beaucoup de poussière à cause des disqueuses. Il faut porter un masque. « Quand je travaille sur du calcaire ou sur du marbre ce n’est pas nocif », rassure-t-elle. En revanche le granit et les pierres volcaniques comme le basalte ont de la silice ce qui abîme les poumons.

« Quand je suis dans mon atelier en Nouvelle-Zélande je fais environ mes huit heures, sept jours sur sept. »
©Renate Verbrugge - Mid&Plus

Une optimiste autodidacte à 80%

Son parcours n’est pas classique. Pourquoi a-t-elle opté pour la Nouvelle-Zélande alors qu’elle est Belge-Flamande ? « Parce que là-bas la vie est belle ! » Renate est installée dans ce pays depuis 23 ans. Maintenant elle en a 53 et est fière de les avoir. Là-bas ses enfants ont grandi en pleine nature. Elle a appris la sculpture en Nouvelle-Zélande sur le tard. « On peut dire que je suis autodidacte à 80%. J’ai été sélectionnée pour le symposium De la pierre à l’eau parce que ma maquette Histoire d’O a plu. » Ce sont des gouttes et des lignes. Il y avait 120 candidats. Les six gagnants devront réaliser leur maquette en deux semaines et demie, période pendant laquelle ils seront indemnisés. Leur temps est limité, mais il n’y a pas de compétition.

©Renate une femme de marbre - Mid&Plus

Symposium et convivialité

Renate rappelle que le principe d’un symposium dans l’Antiquité était de boire et manger avec des artistes ayant le même centre d’intérêt. Ce qui implique un tas d’échanges fructueux comme ceux qu’elle a ici avec le Français André Naegelen, par exemple. En temps normal, elle exerce une profession solitaire. « Entre le bruit, la poussière, je suis comme dans un cocon. Rencontrer mes collègues internationaux est une occasion phénoménale, à ne pas manquer. » Et aller au-devant du public aussi est précieux, le processus est important. Chaque fois qu’elle participe à un symposium, elle apprend beaucoup. Celui-ci, premier du genre, se déroule à merveille, il n’a pas de maladie d’enfance parce que la manifestation est organisée par Marina Gajac, une Montpelliéraine professionnelle hors pair….

Enfin, Renate ne connaissait pas l’Hérault. La lumière y est superbe, les couleurs aussi. La sécheresse de la terre contraste avec le bleu du ciel. Elle a pu voir la carrière de Saint-Pons-de-Thomières et ses sept couleurs qu’elle a beaucoup aimées !

Isabelle Brisson
Mid&SudOuest

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