Roselyne Bachelot, gourmande de la vie

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Joie de vivre, énergie, indépendance, une langue pas dans la poche, Roselyne Bachelot vient de publier un livre¹ gai comme elle qui nous explique comment être bien dans son âge et vieillir heureuse. Rencontre avec cette battante pour comprendre d’où lui vient ce formidable optimisme.

La joie de vivre. Élevée de façon rigoriste, par une lignée de femmes de devoir, la petite Roselyne prend pour modèle sa grand-mère maternelle dont elle aime le goût de la vie et la fantaisie et regrette que cette dernière n’ait pas trouvé le chemin pour s’exprimer. « Elle qui était très élégante ne savait ni lire ni écrire et n’avait pas de culture disait : « Domestique je mangeais le cou du poulet, patronne aujourd’hui je prends toujours le cou du poulet ! » Dans cette famille où on avait l’attrait pour la lecture et la chose intellectuelle, elle est envoyée en pension dès l’âge de 7 ans pour se consacrer aux études, comme sa mère l’a été avant elle. Elle est très bonne élève, ce qui lui laisse beaucoup de temps pour faire des bêtises… Renvoyée pendant deux semaines par les religieuses pour « esprit voltairien », son père lui assène : « Si tu ne fais pas d’études tu seras domestique » et la traitera comme telle pendant la durée de sa punition où elle servira ses parents à table.

« Ma jeune sœur Françoise disait de moi :  tu considères la vie comme une coupe de fruits
où tu savoures chaque fruit dont le suc te coule le long de la bouche.
La vie m’a servi un plat d’une saveur incroyable ! » 

L’énergie. À une époque où les filles passaient leur baccalauréat comme on faisait ses humanités avant de suivre des études d’histoire ou de littérature en attendant un époux, si on n’en avait pas déjà un, Roselyne, bac en poche, commence à travailler pour être autonome financièrement, tandis que son mari finit ses études. Elle exerce pour des labos pharmaceutiques, vit sur la route, dort à l’hôtel. Une fois son mari installé comme pharmacien, elle reprend ses études de pharmacie et sort major de promotion !
« Vous n’aurez pas de dot, mais vous aurez un métier » disaient les deux parents à leurs filles. Pour Roselyne, tout ne peut se faire que par le travail.

L’indépendance. Roselyne se lance en politique par hasard en 1982. On lui propose de se présenter dans un secteur imprenable où on lui dit qu’elle n’a aucune chance. Pourtant au bout d’une campagne sans relâche de six mois, elle est élue ce qui fait dire à ceux qui lui ont demandé de se présenter : « Si on avait su que c’était possible, on aurait mis un homme ! » Pour elle, l‘habeas corpus est fondamental, être autonome fait partie de sa personnalité et elle ne supporte aucune emprise. Son père lui a transmis ce qu’elle appelle l’ascèse de l’adieu : « Tu dois quitter ton bureau tous les soirs comme si tu ne devais jamais y revenir. Nous ne sommes que de passage ».

Bien dans son âge. C’est un ouvrage illustré façon magazine, convivial et gai comme elle, que Roselyne Bachelot vient d’écrire. Elle y livre avec bienveillance aux femmes de 60 ans et plus ses secrets et astuces pour vieillir heureuse. Un préalable ? Établir la liste de ses envies. Un must ? Vider ses placards. Puis la belle soixantenaire (qui va changer de dizaine dans quelques jours …) nous livre l’inventaire des interdits et des indispensables en matière de mode, avant d’attaquer des conseils santé et bien-être ciblés (« Faire un petit déjeuner d’empereur, un déjeuner de prince, un dîner de gueux » ) et de terminer sur les loisirs, les voyages, les petits-enfants et même… les compagnons. C’est truffé de conseils pas chers, une vraie mine d’or ! On y trouve même quelques recettes culinaires Roselyne home made.

« Je voudrais dire à toutes les femmes qu’elles sont formidables,
notamment celles de ma génération qui aujourd’hui tiennent les deux bouts de la chaîne
entre des petits-enfants qui se chamaillent et une mère atteinte de la maladie d’Alzheimer…
celles qui se sont battues et ont bâti le monde des jeunes filles du XXIe siècle.
Restons mobilisées ! »

Regarder la vie autrement, de manière positive et souvent humoristique, s’ouvrir au dernier quart de vie qui nous attend en étant dans l’accomplissement de soi, l’ouverture aux autres et la liberté : des paroles que nous partageons totalement et qui fait de Roselyne Bachelot, qui nous a accordé cet interview,  un vrai modèle Mid&Plus !

Marie-Hélène Cossé

¹Bien dans mon âge, tout commence à 60 ans ! Mes secrets et mes astuces pour être heureuse (Flammarion, 193 pages, Août 2016).

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