Rui Matsukawa, sénatrice engagée

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Rui Matsukawa, sénatrice PLD en charge de la réforme sur l’emploi auprès du Premier Ministre Abe, garde en tête l’importance de l’implication  des femmes dans la société japonaise. Son défi : contribuer à l’élaboration de lois qui vont transformer le pays et améliorer leur situation, d’autant que le World Economic Forum place le Japon au 114e rang (sur 144) en matière de parité, de très loin le plus bas parmi les pays du G7.

La représentation politique des femmes en voie d’amélioration

En mai 2018, une loi a été votée encourageant les femmes à se présenter pour les élections au sein des partis ceux-ci devant instaurer la parité sur leurs listes électorales. Progrès incontestable, mais qui n’est assorti d’aucune pénalité en cas de non respect. Pour Rui Matsukawa c’est quand même un énorme progrès. Certes, il va falloir dans un premier temps compter sur la bonne volonté des parlementaires masculins, mais désormais ils ne pourront plus ignorer les femmes.

©Rui Matsukawa - Mid&Plus

Encourager le travail des femmes face au déclin démographique

Au Japon, le taux d’activité des hommes dépasse de 20 points celui des femmes. Elles sont surreprésentées dans les emplois à temps partiels sous qualifiés (2/3 de ce type d’emplois) peu payés et peu protégés. Leur taux d’emploi ne pourra s’améliorer qu’en développant la prise en charge des jeunes enfants, en réformant les systèmes d’imposition¹ et de sécurité sociale qui réduisent les incitations au travail pour le deuxième apporteur de revenus et en mettant fin au dualisme du marché de l’emploi. Il s’agit de réduire les inégalités entre hommes et femmes par une meilleure protection sociale, de véritables politiques de formation et une véritable égalité de salaire ajustée au temps de travail, « equal pay for equal work ».

©Rui Matsukawa - Mid&Plus

« The work style revolution » : du jamais vu au Japon !

Phénomène bien connu, les Japonais « se tuent » au travail. Pour gagner plus, grâce aux heures supplémentaires ou par ambition, ils ne comptent pas leurs heures au bureau,  au point qu’il existe ici un mot particulier « karoshi »  pour définir la mort par excès de travail. Cette situation décourage les femmes qui veulent protéger leur vie familiale à se battre pour leur emploi. Désormais, à partir d’avril 2019, la loi  limitera à 45, le nombre d’heures supplémentaires pas mois en plus de la semaine légale de 40 heures². En outre, de plus en plus le travail sera rémunéré sur la base de la performance plutôt que des heures de présence, un bon moyen d’augmenter la productivité (très basse au Japon) et de renvoyer les hommes à la maison pour s’occuper de leur famille.

Pour Ms Matsukawa, c’est simple : non à tous les dîners professionnels, une journée par semaine entièrement libre, présence à la maison à 21h et nuits fractionnées entre temps de sommeil et de travail. Encore faut-il avoir la santé et la fibre politique !

Michèle Robach
Mid&Japon

¹Pour un couple marié, une déduction fiscale (JPY 380 000) basée sur le salaire du conjoint s’exerce si ce montant ne dépasse pas JPY 1,5 M ce qui décourage la recherche d’un temps plein.
²Et 360 par an pour les grandes entreprises à partir de 2019 et 2020 pour les PME. En cas de pic d’activité, 100 heures par mois et 720 heures par an sont autorisées. Cette loi ne concerne pas les hauts salaires.

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