Sylvie Blangy, chercheuse Grand Nord

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Sylvie Blangy s’intéresse à l’écotourisme, à la recherche participative et aux peuples autochtones en tant que consultante, publie un guide, rédige un doctorat à 55 ans. Une bourse Marie Curie au Canada l’amène à travailler pour le CNRS avec les peuples de l’Arctique sur les grands enjeux sociétaux. Portrait d’une infatigable ! 

Guide original

Sylvie publie un guide. Une réflexion à travers 180 propositions de séjour, il atteste de la vitalité des cultures autochtones. Nous allons chez les Saamis de Laponie, les Bushmen du Botswana, les Maasaï du Kenya, les Indiens Navajo d’Arizona, les Inuits du Nunavut, les Maya de Belize, les Kazakh de Mongolie, les Aborigènes du plateau de Kimberley… Sylvie met en ligne les initiatives de son guide sur un site. Elle crée des liens entre les communautés autochtones qui les encouragent à échanger sur leurs pratiques à travers un questionnaire collaboratif dont les réponses sont géolocalisées sur une carte et commentées par un forum de discussions.

Doctorat à 55 ans

Passer de consultante à chercheuse est peu commun. Sa longue expérience de terrain lui est précieuse et lui donne la matière pour sa recherche. Elle est donc lauréate d’une bourse Marie Curie en 2006 avant son doctorat. Cette bourse lui permet de mettre en place des collaborations avec les Premières Nations, les Inuits du Canada, les Saamis du Nord Scandinavie et développer une ingénierie et une science de la participation adaptées aux cultures autochtones.

Maladie de Lyme

Sylvie se soigne d’une Lyme articulaire depuis 6 ans. Piquée plusieurs fois par des tiques, le stress a raison de ses défenses immunitaires en 2012. Elle s’améliore grâce à des soins intenses, yoga thérapeutique, massages, ostéopathie, compléments alimentaires. Elle peut à nouveau affronter les moins 30 degrés, le blizzard et autres particularités du grand Nord. Et contribuer à des projets de recherche sur les tiques avec l’INRA¹. Elle parle de la maladie autour d’elle, alerte sur les conséquences. « S’épouiller le soir au retour d’une balade en forêt et trouver un spécialiste qui saura déceler les premiers symptômes. »

Recherche participative

C’est un type de recherche engagée que notre infatigable chercheuse mène dans le Nord avec des collaborateurs autochtones ou associatifs² : étude des changements climatiques, exploration des bienfaits de la production de produits frais sous serre en région arctique, adapter l’agriculture pour lutter contre les maladies liées à la malbouffe à cause de l’alimentation industrielle et des réserves de poissons et de viandes qui tendent à diminuer. Une recherche participative³ qui promeut l’intégrité scientifique avec le concours de pêcheurs, agriculteurs et naturalistes.

« Pour que ceux qui vivent là-haut regardent l’avenir avec plus d’optimisme et soient fiers de leur culture ».

Le travail de Sylvie lui procure d’immenses satisfactions morales. Réfléchir sur l’impact de l’homme sur la planète, préparer avec les acteurs de la société civile des scénarios d’avenir et les mettre en œuvre. Quel programme !

Isabelle Brisson
Mid&SudOuest

¹CITIQUE de l’Institut National de la Recherche Scientifique (INRA)
²OHMI (Observatoire Homme Milieu International)
³Groupement de Recherche GDR Parcs

Lire
Guide des destinations Indigènes équitables aux Editions Indigènes (2006)
Coconstruire le tourisme autochtone par la recherche action participative et les technologies de l’information et de la communication (L’Harmattan, Blangy, S.22016, 2010).

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