Véronique, un burn out et je repars

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Après un parcours professionnel sans faute pendant 30 ans en assistanat de direction pour des grands groupes, Véronique, la cinquantaine, mariée, 4 enfants, fait « la » mauvaise rencontre en fin de carrière : une patronne « diva » lui gâche la vie et la fait sombrer… Avant de se relever, repartir, rayonner à nouveau, cette fois comme chasseur immobilier. Bel exemple de reconversion !

La majorité Giscard d’Estaing

Le bac tout frais en poche en 1977, 18 ans à peine, mais majeure, Véronique part se marier à Montpellier (merci Monsieur Giscard, sans cette majorité toute nouvelle à 18 ans, son destin aurait été tout autre !). Elle a son premier enfant à 19 ans et ne commence à travailler vraiment que six ans plus tard lorsqu’elle revient vivre en région parisienne, alors que son fils entre à l’école et sa petite sœur à la crèche. À 25 ans, elle commence par des petits jobs d’hôtesse dans les salons ou les événements, puis dans une agence de pub pour laquelle elle se formera à l’assistanat. Elle se remarie et a rapidement deux petites filles en deux ans et demi. Véronique choisit alors l’interim (tant que ses filles sont petites), puis entre chez un opérateur de télécommunications français. Neuf ans dont elle garde un merveilleux souvenir. Hélas, l’entreprise connait de grosses difficultés et elle bénéficie d’un plan de départ avant d’entrer dans un grand groupe du CAC 40 en tant qu’assistante d’une « diva ». Elle ne tiendra que 14 mois…

« Si mes frères ont fait de brillantes études, ma sœur et moi nous sommes contentées du bac… Mes parents n’avaient qu’une ambition pour nous : le mariage ! Alors que nous étions tout aussi brillantes qu’eux. »

Burn out

Au moment de l’entretien d’embauche, la RH indique à Véronique que la directrice de com pour laquelle ils recrutent a déjà épuisé plusieurs personnes (dont celle qui vient de libérer le poste à la suite d’une dépression…), mais elle ajoute : « vous avez le caractère pour pouvoir la contrer ». La perspective d’entrer à la direction d’un groupe aussi important et de bien finir sa carrière l’emporte et Véronique accepte le job qui se révèle bien vite… un cauchemar ! Elle doit être disponible à tout moment, n’ose même plus sortir déjeuner, travaille sans interruption tôt le matin et tard le soir… Le stress s’installe. Cette pression permanente arrive à détruire 30 ans d’expérience : le doute met à mal le savoir-faire et Véronique ne croit plus en ses compétences… elle va en perdre le sommeil ! Le déclic se fait le 13 novembre 2015 quand sa boss demande à tous, sauf à elle, s’ils vont bien à la suite des attentats. Elle demande une mutation qui lui est refusée et son contrat se termine finalement par une rupture conventionnelle. Puis c’est la valse « psy anti dépresseur » qui commence, l’abattement pendant plusieurs mois… « Je me sentais nulle !  » 

« Si j’avais fait des études ? Cela aurait été du droit pour être notaire. J’aurais adoré… mais ne regrette rien. J’ai 4 enfants merveilleux. »
©Véronique Savoyen - Mid&Plus

Nouveau départ

Le temps passe, Véronique réfléchit et se souvient que lorsqu’elle a quitté son entreprise de télécom, elle avait déjà pensé a sa reconversion et rapidement conclu que le mieux était d’exploiter son intérêt pour l’immobilier. N’a-t-elle pas déjà acheté, vendu, pour elle-même ou pour son fils ? N’a-t-elle pas chaque fois fait d’excellentes affaires ? Elle se renseigne puis décide finalement d’être chasseur d’appartement. Elle se lance l’été suivant, s’inscrit en auto-entrepreneur et devient chasseur immobilier. Elle adore son nouveau métier, même si les clients s’avèrent parfois compliqués. En un an et demi, la nouvelle auto-entrepreneuse a aidé et coaché des célibataires débordés de travail, des familles en mal d’agrandissement, des investisseurs à la recherche du bien rare. Chaque fois de nouvelles rencontres et des liens qui se créent au fil de l’aventure. Si sa disponibilité et sa réactivité sont ses principaux atouts pour réussir, son goût pour l’immobilier mais surtout pour la ville où elle habite et travaille font le reste.

Véronique a du succès dans son nouveau métier et son seul regret aujourd’hui est de ne pas avoir osé plus tôt. En son for intérieur, elle remercie la Diva de l’avoir contrainte à sauter le pas !

Marie-Hélène Cossé

Les questions Mid&Plus
©Véronique Savoyen - Mid&Plus

Quel moteur le matin ? Un café tout de suite ! Puis je prends mon temps pour mettre le moteur en route en traitant mes mails.
Sportive ? Je suis une sportive de la fin de journée. Minimum trois fois par semaine.
En forme ? Oui ! Je suis en bien meilleure forme aujourd’hui qu’à 30 ans. Je supporte mieux la fatigue, j’ai moins de douleurs… je connais mieux mon corps.
Trois qualités ? Souriante, confiante et j’espère bienveillante !
Le sommeil ? Je dors mieux chez les autres. Peut être parce que j’aime les vacances…

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