Issey Miyake : sculpture et mouvement

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Alors que le créateur japonais, Issey Miyake, 77 ans, vient d’être élevé au rang de Commandeur de l’Ordre national de la Légion d’honneur, une exposition vient d’ouvrir ses portes à Tokyo rendant  hommage à ses 45 ans de carrière.

Dans l’esprit des occidentaux, le kimono reste emblématique de la mode japonaise. Mais depuis les années soixante, des créateurs nippons se sont progressivement imposés dans le monde chamboulant tous les codes de la féminité classique. Comme des garçons, Kenzo, Issey Miyake… se sont illustrés avec des tissus locaux, des vêtements unisexes non structurés et des matières novatrices. En 1973,  Issey Miyake organise son premier défilé à Paris. Il est connu pour avoir créé le pull à col roulé noir dont Steve Jones fit son uniforme.

Les honneurs de la France  Issey signifie « une vie » et c’est pour cette vie consacrée à la création que ce concepteur de génie a reçu le 15 mars 2016, des mains de Jack Lang, ancien ministre de la Culture, les insignes de Commandeur de l’Ordre national de la Légion d’honneur, lors de l’inauguration de l’exposition : Miyake Issey Exhibition : The Work of Miyake Issey  au National Art Center Tokyo.

Le fameux plissé Pleats Please : une véritable révolution. Depuis des années, la mode féminine cherche à réduire la taille et le volume de ses créations (bustiers, minijupes, mini sacs), Miyake, lui, réduit le affiche Iseey Miyakepoids. Ses vêtements ne sont pas plus lourds que des plumes. Ses fameux Pleats Please infroissables se roulent en boule au fond des armoires, ses robes se lavent en machine et sèchent aussi vite que des maillots de bain. Peu de boutons, peu de coutures, peu d’entraves. D’ailleurs ses premiers Pleats ont été créés pour les danseurs du Ballet de Francfort dirigés par le chorégraphe William Forsythe lors d’un spectacle à Paris en 1991 : mouvement, rythme, légèreté. Ses vêtements sont coupés à partir de tissus comme des sculptures et non pas dessinés sur les corps comme on le fait en Occident. Il le dit lui-même « On achète un long tube de jersey, on suit consciencieusement nos indications, puis il suffit de découper selon sa fantaisie ».


Le respect de la tradition.
Issey Miyake se sert de la tradition et de la technologie de pointe dans ses recherches sur les textiles qu’ils soient naturels ou artificiels.  Le côté traditionnel, on le retrouve dans DR Issey Miyakel’aspect wabi-sabi de certains modèles. Concept clé de la culture japonaise,  il relève à la fois de la simplicité, de l’harmonie avec la nature et de la patine du temps avec ses imperfections et son côté rustique. Le wabi-sabi est terreux, imparfait, modeste. C’est ce que l’on retrouve dans les lanternes de papier froissé de son ami Isamu Noguchi. Mais la nature offre aussi un nombre illimité de couleurs. « Il y a une multitude de couleurs et de matières et les rapports qu’elles entretiennent sont très subtils : la combinaison de ces deux éléments crée une émotion ». Issey Miyake trouve son inspiration dans la forêt, la plage, la mer : vert jaune rouge, rouille, vert de gris, tronc aux feuilles d’argent, il marie  couleurs et étoffes  comme son ami Tadao Ando combine verre et béton brut au 21_21 Design Sight, situé à Mid Town, au centre de Tokyo, qu’ils ont inauguré ensemble en 2008.

Michèle Robach
Mid&Japon

The National Art-Tokyo Issey Miyake jusqu’à 13 juin 2016
Crédit Photos : ©Hiroshi Iwasaki-©Koiji Udo

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