La mode aux petits soins

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Trois stylistes, sensibilisées personnellement par la maladie, se sont lancées dans la conception et la création de vêtements et lingerie féminine afin que les femmes confrontées à un cancer du sein ou à un traitement thérapeutique retrouvent intimité, dignité et féminité.

Cécile Pasquinelli Vu-Hong, la combattante

©Stylisme médical - Mid&Plus

Confrontée en 2010 à l’âge de 46 ans au long et douloureux parcours face à un cancer du sein où tous les signes de féminité sont balayés en quelques mois : cheveux, cils, sein…, cette battante à l’esprit entrepreneurial décide alors de créer sa marque de lingerie et de maillots de bain spécifique pour prothèse mammaire, Garance. Au-delà de sa boutique E-shop¹, de sa présence à la Redoute, ses modèles sont présents aujourd’hui dans 6 Monoprix² en France sélectionnés pour leur proximité avec des services de cancérologie. Les femmes opérées du cancer du sein qui n’ont pas été reconstruites trouveront ainsi en rayon des modèles adaptés au port de prothèse mammaire externe. Cet achat entre celui d’une paire de collant et d’un démaquillant est quand même plus glamour que celui effectué en pharmacie ou sur catalogue non ?

¹Pour les Parisiennes, un chaleureux  show-room est à leur disposition où une équipe est à leur totale écoute (27 rue Domrémy 75013).
²Monoprix Paris Gobelins, Villejuif, Lyon La Part Dieu, Dijon, Toulouse, Bordeaux Saint-Christoly (autres adresses en 2018).

Stella McCartney, la militante

©Stylisme médical - Mid&Plus

Les gens n’ont pas envie de parler de maladie. Ce n’est pas joli, c’est douloureux, mais on peut essayer d’en extraire un peu de beauté.

La femme d’affaires est de longue date concernée et engagée dans la lutte contre le cancer du sein, sa mère Linda ayant été emportée par cette maladie en 1998. Alors pourquoi ne pas utiliser sa notoriété et son talent pour une bonne cause ? La créatrice a commercialisé un ensemble de lingerie, Ophelia Whistling, dont les bénéfices seront reversés à un centre d’examen de Harlem. En effet, le risque de mourir d’un cancer du sein pour une Afro-Américaine est supérieur de 42% à l’ensemble des femmes du pays lié à un dépistage tardif par rapport au reste de la population. Parallèlement, elle propose sur son site en ligne un modèle de soutien-gorge postopératoire double mastectomie, Louise, ultra doux et sexy.

 Anne-Cécile Ratsimbason, la styliste médicale

©David Delaporte -Anne-Cécile Ratsimbason

Mon objectif : augmenter la qualité de vie du patient et éviter toute exclusion.

Diplômée d’ESMOD, cette jeune niçoise aujourd’hui âgée de 32 ans se destinait à poursuivre une carrière dans le prêt-à-porter féminin. La contrainte du port d’un corset pour rectifier une scoliose et la rencontre stimulante avec un médecin la conduiront vers le design et la création de vêtements médicaux sur-mesure. Attentive au rôle fonctionnel du vêtement qui doit faciliter l’intervention de soins et de dispositifs thérapeutiques (sonde, perfusion, sonde…) ou l’utilisation d’un appareillage mobile (fauteuil roulant, béquilles…), la créatrice est aussi vigilante au confort et à l’aspect esthétique. Elle insiste sur aussi le rôle psychologique du port de ses produits (12 pathologies) : ils doivent favoriser l’acceptation du traitement médical. Ses modèles sont aujourd’hui diffusés via les entreprises de matériel médical, les associations de malades et le corps médical.

Ces trois initiatives fashion, jolies parades à des moments de vulnérabilité et de fragilité, aident ainsi les femmes patientes à retrouver confiance en elles, à améliorer leur qualité de vie et leur autonomie avec une dimension esthétique souvent absente dans l’univers médical.

Christine Fleurot

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