Les hommes sont-ils obsolètes ?

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Recul ou avancée majeure, difficile d’avoir une opinion tranchée ! À côté du combat féministe, la position des hommes est mise en cause, surtout en Occident, où les symptômes de leurs malaises dus à des privilèges perdus ou à de nouvelles positions acquises par les femmes fleurissent. Mais jusqu’où ?

L’inégalité des sexes

Doit-on parler de barbarie masculine si on promène son regard sur le monde et son lot de violences envers les femmes : persécutions, avortements forcés, viols comme armes de guerre ou prostitution économique, la réponse est oui. S’ajoutent aussi dans les démocraties occidentales, les familles monoparentales, l’insécurité de la rue ou l’environnement professionnel qui ne leur est pas favorable. Après le droit de vote, l’accès à tous les métiers, même les plus dangereux, les femmes excellent dans les études universitaires, dirigent des entreprises ou des États, gagnent des médailles et ont investi tous les domaines de la société qui de conservatrice est devenue libérale. Mais ce qui semble être un progrès, l’autonomie financière, l’indépendance émancipatrice ou la liberté de procréer, ne doit pas masquer une autre réalité sous-jacente, la transformation de la condition masculine qui s’est amorcée.

La violence au masculin

« L’être humain par défaut est une femme » dit Laetitia Strauch-Bonart dans son ouvrage Les hommes sont-ils obsolètes ? Le sexe féminin est déterminé par les chromosomes XX et le masculin par la paire XY. Mais le seul X suffit à produire un être humain viable tandis qu’Y en est incapable. Hier, le pouvoir des hommes était au dehors et celui des femmes en dedans. Des études montrent que les hommes de 20 à 34 ans, avec leur pouvoir de frappe et de préhension, ont une force inférieure à celle constatée 30 ans auparavant. Et si la violence n’a pas disparu pour autant, les parents battent moins leurs enfants, les combats de rue disparaissent et les viols et agressions sexuelles ont diminué en chiffres. Steven Pinker l’écrit :

« Puisque la violence est largement un passe-temps masculin, les cultures qui valorisent les femmes tendent à s’écarter de la glorification de la violence ».
©Les hommes sont-ils obsoletes - Mid&Plus

Les cancres, nom masculin pluriel

Les garçons sont en difficulté à l’école. Les résultats des filles en sciences et en maths voient leur écart diminuer et les filles devancent les garçons en compréhension de l’écrit dans tous les pays de l’OCDE. 49% des filles sont diplômées de l’enseignement supérieur contre 39% des garçons, l’illettrisme en France concerne davantage les hommes et s’ajoute le goût immodéré de ces messieurs pour la culture « hip hop », jeux vidéo plus valorisants que l’école. Les avis divergent : l‘école se serait éloignée des garçons (discipline, ponctualité et tranquillité exigées), la féminisation du personnel enseignant, la mixité de l’école, un monde plus verbal, le tout aboutissant à une « catastrophe silencieuse ».

Effets des hormones, préférence genrée au travail, les stéréotypes masculins et féminins ont la vie dure mais il faudrait y remédier pour ne léser personne. Ne pas négliger donc une frange d’hommes mécontents qui ne s’adaptent pas à cette nouvelle distribution des rôles, et que l’éducation et la formation professionnelle ont oublié au profit des femmes, et ne pas accepter l’idée de « l’obsolescence programmée » des hommes. Nous n’aurions rien à y gagner !

Vicky Sommet

©Les hommes sont-ils obsolètes - Mid&PlusLes hommes sont-ils obsolètes ? de Laetitia Strauch-Bonart aux éditions Fayard (mai 2018)

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