Mannequins, zéro pointé pour l’égalité des salaires

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Les inégalités entre hommes et femmes se sont légèrement réduites dans le monde au cours de la dernière décennie. Sauf, et c’est une exception, chez les mannequins où le salaire des femmes prime sur celui des hommes…

Dis-parité pour les mannequins

Il faudrait encore 118 ans pour combler cette différence économique, selon le rapport annuel sur « L’écart entre les genres » publié par le Forum économique mondial. Alors que les femmes subissent encore 25% d’écart de salaire avec leurs homologues masculins, à poste et compétences égales, le milieu de la mode fait figure d’exception. En effet, les tops masculins sont nettement moins bien payés que les stars féminines des podiums. Parmi les hommes qui défilent, aucun ne peut espérer rivaliser avec les femmes en termes de notoriété ou de rémunération. Car si les noms de Gisèle Bündchen, Kate Moss ou Naomi Campbell dépassent largement les frontières de la mode, ceux de leurs homologues masculins, comme l’Americain Sean O’Pry ou le Britannique David Gandy, demeurent quasiment inconnus du grand public.

©Inégalités de salaires mannequins - Mid&Plus

Sean O’Pry, Gisele Bundchen, David Gandy

L’inégalité, une réalité sociologique

Dans la hiérarchie du shooting, il y a le photographe, le mannequin femme, les stylistes, les assistants et enfin le mannequin homme. Pour le sociologue de la mode Frédéric Godart : « Même si les marchés du vêtement de luxe masculin et féminin génèrent des ventes équivalentes, soit environ 30 milliards de dollars chacun, la mode reste une industrie qui s’adresse prioritairement aux femmes. Les marques ou les magazines de mode sont davantage attirés par le capital esthétique de la femme qui fait mieux vendre un produit et par conséquent fait grimper la rémunération des mannequins féminins. Dans ce milieu, c’est la règle du « Winner takes all » (le vainqueur prend tout) qui prévaut, ce qui fait que les tops féminins ont tendance à rafler la mise et à creuser l’écart avec les hommes. »

Top des tops, sinon rien

En 2013, le classement du magazine américain Forbes des mannequins les mieux payés révélait que Gisèle Bündchen avait empoché en un an la somme de 42 millions de dollars, soit 28 fois plus que son équivalent masculin Sean O’Pry, en tête avec un petit million et demi. Mais tous ne peuvent pas en dire autant et nombreux sont ceux ou celles, qui vivent dans la précarité et sont contraints pendant les périodes creuses de trouver une deuxième activité. Le dédommagement en vêtements est aussi largement pratiqué dans ce milieu. En travaillant en moyenne 15 jours par mois pour des catalogues, des défilés ou des essayages, un mannequin masculin gagne l’équivalent d’un salaire de cadre, mais sa carrière durera plus longtemps que ses consoeurs. Question de notoriété, le fait qu’un mannequin soit marié(e) à une star ou qu’il soit simplement le fils ou la fille d’une célébrité ferait monter les prix…

Gabriel Kane Day Lewis, Scott Eastwood, Noe Elmaleh

Ce rapport portant sur 145 pays montre que le fossé entre hommes et femmes dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’économie et de la représentation politique s’est resserré et que l’évolution vers l’égalité des salaires sur le marché du travail est en stagnation depuis 2009/2010. Dans ces domaines, nous occupons la première place du classement, mais ne sommes qu’à la 19e place concernant la représentation politique… La route est encore longue !

Vicky Sommet

¹Les pays nordiques restent les bons élèves de l’indice mondial de l’écart entre les genres. Islande, Norvège, Finlande et Suède occupent les quatre premières places du classement. Elles sont suivies de l’Irlande en 5e position. Derrière l’Allemagne (11e), la France gagne une place par rapport à 2014 et se classe 15e (elle était 70e en 2006 !).

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