‘Aita pe’ape’a*

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Difficile retour à la civilisation, après une longue escapade à l’autre bout du monde, là où le port du bikini est obligatoire et où la porte de votre bungalow ne ferme que par la présence d’un galet poli par l’océan. Là-bas, pas de montre, on se lève avec le soleil et on se couche avec lui. Pas de vouvoiement. Au petit matin, un pêcheur vous invite à rejoindre son « bureau »,  îlot de corail ourlé de cocotiers. Aquarium à ciel ouvert, la journée se passe en apesanteur à croiser perroquets, chirurgiens, demoiselles, fugus, carangues… Pas de problème, no stress sont les expressions qui reviennent en boucle sur les visages souriants des Polynésiens même si la carte postale ensoleillée possède aussi un revers plus sombre où l’on décèle des souffrances insulaires. Alors, palmes et tongs rincées et remisées, colliers de coquillages accrochés à l’ordi, face à la vision des paniers de crabes et des bassins à requins qui s’agitent frénétiquement et stérilement sur nos écrans divers, je repense au bruit du vent dans les palmes, à l’odeur mêlée de vanille et de tiaré et à cette petite phrase, reflet du bel appétit au bonheur des Polynésiens, que j’aurais dû me faire tatouer au creux de mon poignet :

« Si tu as besoin de quelque chose, ici apprends à t’en passer. »

Christine Fleurot

*pas de problème en langue tahitienne

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