Bonnes feuilles

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Avec le printemps, les salons du livre refleurissent dans l’hexagone. Bonne nouvelle pour les adeptes de l’objet version papier, le marché du numérique est en chute aux USA et au UK et en légère baisse (1%°) en France. Madame de Lafayette qui avait été remisée aux oubliettes pointe pour la première fois son bonnet au programme officiel du Bac L (2018). La sélection dans les manuels scolaires se fait, paraît-il, par choix de qualité littéraire, par intérêt des thèmes et non par souci de parité, ce qu’on peut comprendre… Jugement au demeurant peu sympathique à l’égard de ses rares et brillantes consœurs de la Pléiade : Marguerite Yourcenar, Madame de Sévigné, Nathalie Sarraute, George Sand, Marguerite Duras ou Colette ou autres écrivaines et poétesses telles Madame de Staël ou Marceline Desbordes-Valmore. Bas-bleus, mondaines… les voilà cantonnées aux Femmes savantes ou Précieuses ridicules ! Ainsi, 95% des textes littéraires et théoriques étudiés en seconde générale sont signés par des hommes. Étonnamment les métiers de l’édition sont eux fortement féminisés (90% des effectifs) : une nouvelle génération de femmes (créatrice de maison d’édition, directrice de collection, directrice éditoriale…) débarque dans l’univers littéraire déjà bien débroussaillé par des papesses comme Françoise Verny ou Teresa Cremisi. On connaît l’appétence féminine pour la lecture, gageons que nombreuses seront celles qui iront ce week-end à la rencontre de leurs auteures préférées à Livre Paris sous le signe cette année du Maroc. On y croisera entre autres (3.000 auteurs !), Leila Slimani (Prix Goncourt 2016) ou bien Delphine de Vigan… des femmes en littérature qui devraient faire bouger les lignes.

Christine Fleurot

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