Le théâtre est parfois un vrai cap à franchir, l’impression étant que le cinéma c’est la vie, même si la sensation que l’on a de pouvoir toucher les acteurs sur la scène pourrait faire dire le contraire. Mais Edmond vous transporte littéralement ! Les ingrédients de la pièce de boulevard avec des personnages virevoltants sur scène, quelques portes qui claquent, un humour constant (ah ! les deux corses mafieux et leurs chants polyphoniques) dans une mise-en-scène ultra moderne, magnifiée par un vrai travail de troupe. La pièce décrit surtout, avec une profondeur bouleversante, les affres de la création, la description d’une époque, l’aube du XXe siècle et la naissance d’un génie, Edmond Rostand, l’auteur de l’une des plus grandes pièces du répertoire français. Où Alexis Michalik, 34 ans et beau comme un dieu, déjà auteur de pièces à succès telles que Le porteur d’Histoire et Le cercle des illusionnistes va-t’il chercher cet « art subtil du récit », du texte, ce sens de la narration et de la mise-en-scène ? Il paraît qu’il chante et danse aussi mais joue très mal de la trompette, on l’excusera… Finalement, avec Edmond, le théâtre c’est bien la vie… la terre ferme où on arrive à la péninsule. Il est encore temps d’y aller !

Anne-Marie Chust

Edmond d’Alexis Michalik au Théâtre du Palais Royal jusqu’au 16 décembre 2018, durée 1h50, 5 Molières 2017.

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