Nos lectures estivales

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Voilà ça sent les vacances ! On rentre encore dans son maillot de bain de l’année dernière, on gamberge sur l’installation du système d’arrosage du balcon, on remplit le congélo pour ceux qui restent. Dans notre to do list, entre notre fouta préférée et notre panama, n’oublions pas de glisser quelques livres. Des titres à ne pas voir la marée monter, à rater l’heure du marché ou, pour les courageuses aoûtiennes, à en oublier sa station de métro. Sélection éclectique de l’équipe Mid&Plus :

Marie-Hélène Cossé Soudain, seuls par Isabelle Autissier –  Stock
L’esprit d’aventure n’est-il pas ce qui nous distingue des animaux ? Or, il n’a jamais été aussi vivace à notre époque où tout est si propre, cadré, hyper-normatif… Alors que nous vivons ultra connectés, notre IPhoneautissier à portée de main, avec nos voyages hyper-sécurisés sur Internet, notre assurance rapatriement et bagages perdus, l’aventurier qui voyage vers l’inconnu nous fascine plus que jamais et nous rassure tout à la fois en nous laissant penser que le rêve est à portée de main. C’est le thème du nouveau livre d’Isabelle Autissier* qui retrace l’histoire d’un couple de trentenaires partis faire le tour du monde en bateau et se retrouvent soudain, à la suite d’une tempête, seuls sur une île déserte entre Patagonie et Cap Horn. Comment lutter contre la faim, l’épuisement, le découragement, les conditions extrêmes ? Comment revenir à la civilisation si on survit ? Comment passer de la société du tout à celle du rien, comment vivre isolés à l’heure de la communication mondialisée, comment réapprendre intuitions ou gestes ancestraux ? Que savons-nous encore faire avec nos mains nues ? Le plus fort est-il le plus résistant ? Autant de thèmes et de questions qui me fascinent. L’histoire est bouleversante, très bien écrite, les descriptions magnifiques, la tension qui monte dans le couple palpable, une fois commencé le livre ne se lâche plus !
*Née en 1956 à Paris, Isabelle Autissier est une navigatrice française, première femme à avoir accompli le tour du monde à la voile en solitaire et en course en 1991 et auteur de nombreux romans.

Vicky Sommet  Le Turquetto par Metin Arditi – Actes Sud
Je vous recommande ce livre qui est un voyage dans l’histoire, l’histoire de l’art et celle des petites gens de l’empire ottoman. Une vraie plongée dans un monde oriental où les passions, les religions, les amitiés et les rivalités sont exacerbées.
©Le turquetto-Actes Sud-Midetplus
Se pourrait-il qu’un tableau célèbre soit l’unique œuvre qui nous reste d’un des plus grands peintres de la Renaissance vénitienne, un élève prodige de Titien qu’il avait surnommé “ le Turquetto ” ? Né de parents juifs en terre musulmane, à Constantinople aux environs de 1519, ce fils d’un employé du marché aux esclaves s’exile très jeune à Venise pour y pratiquer son art. Sous une identité d’emprunt, il fréquente les ateliers de Titien avant de faire carrière et de donner aux congrégations de Venise des tableaux admirables nourris de tradition biblique, de calligraphie ottomane et d’art sacré byzantin. Il est au sommet de sa gloire lorsqu’une liaison l’accuse et dévoile son identité. Il sera amené à comparaître devant les tribunaux de Venise… Metin Arditi, citoyen suisse mais né en Turquie, dépeint l’animation du Grand Bazar de Constantinople, les révoltes du jeune garçon avide de dessins et d’images et son soudain départ. Le lecteur retrouvera le Turquetto à l’âge mûr, marié et reconnu, artiste pris dans les subtilités des rivalités vénitiennes, en cette période riche de la Renaissance où nous assistons à son ascension puis à sa chute. Un roman foisonnant qui aborde les thèmes de la filiation, des rapports de l’art avec le pouvoir et de la synthèse des influences religieuses qui est la marque particulière du Turquetto.

Agnès Brunel-Averseng Choisissez tout par Nathalie Loiseau – J.C.Lattès
livreUn indispensable, incontournable pour nous les Mid qui osons et rêvons de changer le monde ! « Le courage, l’optimisme, la passion et la curiosité » sont les maîtres mots de la nouvelle directrice le l’ENA. À consommer sans modération.
Et votre excuse “ béton ” pour rester scotchée à votre chaise-longue ? Lisez Jeffrey Archer. Tout Jeffrey Archer. D’accord, ce n’est pas Proust mais Jeffrey Archer est un conteur hors pair. Il sait vous tenir en haleine. Commencez par Kane & Abel pour vous mettre en bouche. Puis plongez dans l’univers du polar avec Seul contre tous primé au Festival de Cognac. Enfin, prolongez le plaisir avec la saga de la Chronique des Clifton, dont le quatrième tome vient de paraître. Je fais le pari que vous aurez du mal à attendre le cinquième prévu dans… un an !

Astrid Renoult Le pouvoir du moment présent par Eckart Tolle – J’ai Lu 
On le trouve dans les gares, mais aussi dans toutes les bonnes librairies. C’est un petit guide d’éveil spirituel qui se lit très facilement, qui se grignote par petits bouts et qui ne demande aucun effort de concentration. urlC’est bien ça, n’est-ce pas ? La dédicace est efficace : « Vous êtes ici pour permettre à la mission divine de l’univers de se déployer. Voilà à quel point vous êtes important ! » L’enseignement : comment vivre dans l’instant présent peut transformer notre vie et nous aider à atteindre « un état de grâce, de légèreté et de bien-être » oublié. C’est simple comme un cri du cœur et clair comme de l’eau de roche. C’est bourré de phrase définitives qu’on croirait écrites pour nous : « Demandez-vous s’il y a de la joie, de l’aisance et de la légèreté dans ce que vous entreprenez. S’il n’y en a pas, c’est que le temps a pris le dessus, que le moment présent est passé à l’arrière plan et que la vie est perçue comme un fardeau ou un combat ». Libérés du passé et du futur, nous pouvons vivre l’instant présent, c’est à dire remettre l’amour de ce que nous faisons, de ce que nous sommes, de ce que nous vivons, au centre de nos vies, au cœur de l’univers. C’est une bonne résolution de rentrée, non ?

Christine Fleurot Toute la lumière que nous ne pouvons voir par Anthony Doerr – Albin Michel
Fan de littérature anglo-saxonne, Anthony Doerr (1973) avait échappé à ma table de chevet, pourtant aux USA, cet auteur fait un tabac, ce dernier titre s’y est déjà vendu à deux millions d’exemplaires !  Direction la doerr-Albin Michelcité malouine où commence l’histoire. Pas trop envie de dévoiler le scénario. Le contexte : les années de guerre entre 1940 et 1944 et le destin croisé de deux enfants déjà blessés par la vie : Marie-Laure, jeune aveugle, fille du serrurier du Muséum d’Histoire naturelle de Paris et Werner, jeune orphelin surdoué embrigadé dans les Jeunesses hitlériennes. Parmi les autres personnages, outre quelques figures adultes, deux présences essentielles : celle de la radio et celle d’un diamant convoité. Le pouvoir des ondes… Le thème central : est-on maître de sa destinée ? « Ouvrez les yeux et voyez ce que vous pouvez avant qu’ils se ferment à jamais ».
Treize très courts chapitres (1 à 4 pages maximum) maillent et rythment l’histoire de ces deux adolescents pris dans ce maelstrom. Quand on quitte l’un des héros, c’est pour mieux retrouver l’autre. Anthony Doerr, avec une écriture au scalpel, nous entraîne avec légèreté mais érudition entre science naturelle, mathématiques, gemmologie, musique  et littérature. Tous nos sens sont sollicités. Un brin de manichéisme, un peu de naïveté, une part de fable, une bonne dose d’émotion… L’auteur, malin (trop malin) rend le lecteur accro, tout en le laissant un peu sur sa faim… Plus page turner que Pulitzer !

Bel été et bonnes lectures !

 

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