Nous rendons ici hommage, au nom de toutes les femmes, à celle qui fut leur icône, décédée le 30 juin à l’âge de 89 ans. Un destin exceptionnel : Simone Veil fait partie à 18 ans des rares déportés juifs de France revenus des camps (« Vivre c’est choisir et persévérer »). Malgré les réserves de son mari à une époque où les femmes travaillaient peu, et encore moins en politique, elle devient magistrate, puis en 1974 1ère femme ministre depuis Germaine Poinso-Chapuis en 1947 (« le seul homme fort du gouvernement » disait-on d’elle), 1ère femme secrétaire générale du Conseil Supérieur de la magistrature en 1970, 1ère femme à siéger au conseil d’administration de l’ORTF en 1971 et 1ère présidente du premier Parlement Européen en 1979. Jean d’Ormesson disait d’elle lors de son discours d’intronisation sous la Coupole en 2010 : « Il y a en vous comme un secret : vous êtes la tradition même et la modernité incarnée. »  Car Simone Veil disait déjà des femmes : « il faut qu’elles se lancent. Qu’elles écoutent leur conscience, prennent des responsabilités et s’épaulent ! Elles peuvent changer le monde. » Comme il était écrit sur le pavé parisien à la craie le jour de sa mort : Simone s’éteint, les femmes restent en Veil (Ma rue par Achbé© ) !

Sa mort sonne comme une injonction. À se souvenir. Se montrer vigilant. Poursuivre ses combats et ne jamais rien lâcher. L’espérance européenne, l’émancipation des femmes, l’aide aux persécutés. Jusqu’au bout, elle a fait tout ce qu’elle a pu pour témoigner, tisser des ponts, prôner des solidarités. Son histoire nous oblige. Son courage interpelle. Cette Européenne debout, au regard si clair, a besoin de relais.
Annick Cojean, Le Monde, lundi 3 juillet.

Marie-Hélène Cossé

 

Voir ou revoir La Loi, le combat d’une femme pour toutes les femmes, film de Christian Faure (2014).
Et toujours au Théâtre de la Contrescarpe Et pendant ce temps, Simone veille !

 

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