La maturescence, chance de renaissance

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50 ans, c’est un cap et le moment de procéder à un remaniement intérieur. Ménopause, renoncement à la maternité, conscience de la mort plus proche et libido hésitante, mais une certitude, ces cinquantenaires ont envie de grandir, de renouer avec leur féminité et d’être heureuses… tout simplement.

La moitié du chemin

Comme une pliure au beau milieu d’une page, on se sent vieillir dans la force de l’âge mais comme nous ne connaissons pas l’heure de notre mort, difficile de dire avec exactitude s’il reste encore une moitié d’existence à savourer. L’espérance de vie s’est allongée mais 50 ans, c’est aussi la possibilité d’un redémarrage, une seconde carrière, une deuxième union, la reprise d’études ou une envie de créativité. Et l’occasion de parfaire notre féminité, de canaliser notre énergie pour s’ouvrir aux autres et, riche de notre savoir-faire, de laisser exploser nos talents et trouver notre style personnel pour nous exprimer.

La maturescence

C’est une adolescence à l’envers. Prendre conscience qu’on n’aura pas le temps de tout faire, de tout voir, peut nous amener à un surcroît de dépense d’énergie. Comme si une nouvelle faim de vie nous éloignait de la mort ! Certaines passent des heures au téléphone par besoin de parler, d’autres fument plus, mangent plus de friandises ou, comme une addiction, ont des fringales sexuelles. Madame de Maintenon a séduit Louis XIV à 45 ans, Diane de Poitiers a conquis le cœur du jeune François 1er et plus près de nous, Simone de Beauvoir était en couple avec Claude Lanzman de 17 ans de moins qu’elle.

Cette période peut se comparer à un remaniement identitaire : je suis la même, mais pas tout à fait la même, car je suis un nouveau moi qui a besoin d’éclore.

Ne plus faire comme si !

Notre société rejette ceux qui vieillissent et ne parle de ménopause qu’en termes médicaux. La publicité, le cinéma et les mannequins illustrent bien ce diktat : interdit de vieillir ! C’est ce que prônent aussi les crèmes anti rides, les sérums anti vieillissement et les dames dans la lucarne de la télévision choisies pour leur physique. Mais arrive un moment où on ne peut plus faire « comme si » ! En Nouvelle-Guinée, pour les femmes ménopausées, on célèbre « l’ouverture de deuil » et la mort deviendra « la fermeture de deuil » alors qu’en Inde, les femmes confinées à la maison et voilées vont enfin pouvoir exister librement en société.

Est-ce une lutte entre soi et soi ? On se sent à la fois jeune et vieille, hyperperformante un jour, fatiguée le lendemain, l’humeur en dent de scie, la silhouette qui se transforme, la peau moins douce et parfois l’impression de ressembler à sa mère. La ménopause autorise à vieillir mieux de manière à nous recentrer sur nous-mêmes, à saisir le fil conducteur de notre vie, renoncer aux apparences et être renvoyée à notre « éprouvé intime ». Une chance de renaissance qu’il faut saisir à deux mains et se laisser pénétrer par la vie !

Vicky Sommet

« La femme en crise » de Catherine Bergeret-Amselek (éditions Desclée de Brouwer)

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