Les héroïnes glamour de la télévision

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Vous avez dit speakerines ? Cette génération de femmes que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, et pour cause, ont disparu de nos écrans dans les années 90 mais ont pendant longtemps été les premières influenceuses beauté qui ont accompagné nos soirées, souvent sur une seule chaîne !

D’une Jacqueline à l’autre

La télévision d’hier était humaine et souriante. Celle d’aujourd’hui dite de réalité est plus cash et souvent sans âme. La première speakerine fut Jacqueline Joubert, engagée en 1949 par la RTF elle devint rapidement productrice, animatrice, réalisatrice et créera le premier département de variétés et jeunesse au sein de l’institution. Comédienne, elle avait joué dans des tragédies puis au cinéma avant que d’être choisie sur dix candidates pour devenir la première à présenter les programmes télévisuels. « Quand j’imaginais ma présentatrice, c’est vous que je voyais » lui glissa à l’oreille le directeur. Elle ne regretta jamais ce choix même si ses amis avaient tenté de l’en dissuader « Cette machine n’a aucun avenir » lui disaient-ils. Puis suivirent Jacqueline Huet, Jacqueline Caurat et Jacqueline Alexandre.

Catherine Langeais, une légende

Après avoir été fiancée au jeune François Mitterrand, elle avait rompu et s’était mariée mais avait divorcé après avoir eu deux enfants qu’elle laissa à ses parents en province pour réussir à Paris. Elle commença à travailler à la télévision qui cherchait une présentatrice sans l’avoir jamais regardée. Epaulée en secret par le futur Président de la République toujours très amoureux, et malgré la théâtralité de sa prestation, elle fut engagée. Marie-Louise devint alors Catherine. Et c’est à l’occasion d’un partenariat avec l‘Angleterre où elle présentait des reportages sur la vie à Paris depuis l’ambassade du Royaume-Uni qu’elle rencontra Pierre Sabbagh qui dirigeait le journal télévisé. L’homme à la pipe l’appelait quand c’était son tour d’intervenir « La souris, en place ! ». Cupidon passa par là et leur histoire d’amour naquit.

Les femmes troncs

Anne-Marie Peysson « J’étais grassouillette, noiraude, poilue, avec un sourire s’ouvrant sur une rangée de dents dérangées ». Venue de Marseille, elle se distingua par son franc-parler. Jacqueline Huet, un peu Hollywood à Cognacq-Jay, comédienne elle aussi, élue au concours de speakerines en 1958, devint la plus sexy du petit écran. Même si sa vie personnelle fut chaotique et que les lendemains de fêtes arrosées nuisirent à ses présentations comme un dimanche matin pour l’émission religieuse « Vous pourrez assister à la messe qui sera diffusée à l’intention de 50 millions de crétins…de chrétiens ! ». Arriva Denise Fabre qui s’ennuyait dans une agence immobilière, fit du mannequinat et posa pour des photos, quand la télévision régionale RMC la rattrapa. Mais disait-elle « Les grandes dames c’étaient celles de Paris, de la RTF ».

Très vite les speakerines se succédèrent à l’antenne, les chaînes se multiplièrent et les speakerins eux-mêmes firent leur apparition, Patrick Simpson-Jones ou Olivier Minne qui est l’auteur de ce livre de souvenirs accompagnés de photos pour faire revivre la jeunesse et l’adolescence de la télévision.

Vicky Sommet

©Speakerines- Olivier Minne- Ed du RocherSpeakerines – Olivier Minne – Éditions du Rocher

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