Stéphanie Fefeu, une présidente aux Prud’hommes

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Des études en lettres modernes, une formation en rédaction technique, manuels financiers ou notices d’utilisation et une approche des logiciels financiers. En y ajoutant la communication, Stéphanie devient journaliste avant que de continuer à apprendre et évoluer vers de nouveaux horizons. Une ascension qui ne doit rien au hasard.

Se construire et construire sa carrière

Beaucoup de rencontres et un peu de chance ont été les moteurs de sa vie professionnelle. Au bout de dix années de travail, Stéphanie décide de faire une pause et de reprendre des études pour se perfectionner en sociologie, droit du travail et ressources humaines, une manière de rester fidèle à ses convictions et à ses aspirations : « Écrire, comprendre et faire comprendre. » Elle rentre alors au journal Le Moniteur qui informe sur le BTP et l’architecture et touche aux questions d’aménagement et aux décisions politiques en matière d’urbanisme.

Les syndicats en première ligne

« Mon père étant pompier, j’ai tout naturellement suivi une formation incendie. J’ai ainsi été repérée pour faire partie du CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) de mon entreprise ». Les vocations syndicales spontanées étant rares, les organes recherchent des candidats motivés. « J’ai fait mon mémoire sur l’égalité hommes/femmes au travail dans les entreprises à haut niveau professionnel. Consultée sur ce sujet, un syndicat m’a demandé de venir parler de mes recherches, je me suis prise au jeu et suite à des propositions précises et comme je ne sais pas dire non aux nouvelles expériences, je suis entrée dans une structure syndicale pour agir autrement, une forme de résistance face à l’injustice qui règne souvent dans l’entreprise, en cas de harcèlement par exemple ».

Destination Prud’hommes

Auparavant les salariés élisaient les conseillers prud’hommes. Maintenant, les syndicats proposent des noms au Ministère de la Justice et au Ministère du Travail et les futurs conseillers sont ainsi désignés et non plus élus. Dans une optique de rajeunissement et de féminisation, Stéphanie s’est vue proposer cette responsabilité importante. « Les conseillers ressemblent plus à ceux qui sont de l’autre côté de la barre quant à leurs origines, leur sexe ou leur profession, à l’image de la société qu’ils sont censés défendre ».

« Aux Prud’hommes, il y a les chiffres et les lettres. Les lettres, c’est le Code du travail, les faits à prouver, et les chiffres, c’est l’humain pour savoir combien on donnera au travailleur pour solder son contentieux. »

L’aventure ne s’arrête pas là, au bout d’un an, Stéphanie est nommée Présidente, une fonction qui consiste à préparer les dossiers, faire la police de l’audience sans avoir plus de pouvoir que les trois autres conseillers et vérifier que les codes de procédure civile sont bien appliqués.

« Ma fonction de Présidente fait que je suis respectée parce je parle au nom du peuple français et que Marianne, installée derrière moi, me regarde. Lors de ma première audience, j’avais bien préparé mes dossiers mais en pénétrant dans la salle et sous le regard des avocats, je n’avais qu’une envie, repartir ! Heureusement la passion m’a fait rester ! »

Vicky Sommet

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