Une jeunesse en quête d’adultes inspirants

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Inspirer la jeune génération, pour qu’elle construise une vie pleine de sens, tel est notre rôle d’adultes. Thomas d’Ansembourg dresse dans son nouveau livre notre portrait, avec des pistes pour que nos enfants trouvent en nous l’envie d’être en vie.

Que la première qui n’a pas dit, parfois plusieurs fois par jour, à son enfant « Dépêche-toi ! » nous écrive. Notre course effrénée contre le temps, dans laquelle nous embarquons nos enfants (qui souvent traînent des pieds), fait partie de ces violences ordinaires que Thomas d’Ansembourg constate au fil de son livre.

Devenir pleinement parent

Si nos enfants font de nous des parents – je vous laisse découvrir dans l’introduction un bien beau faire-part – quelle envie d’être et devenir adulte leur donnons-nous en vrai ensuite ? « Quel enchantement de nous sentir pleinement vivants dans un monde vivant leur transmettons-nous ? » interroge Thomas d’Ansembourg. Loin de faire la morale, de donner des leçons, il constate, montre et éclaire notre chemin, en nous proposant d’être au lieu de faire, parsemant de citations inspirantes son ouvrage, comme celle de Boris Cyrulnik : « Si vous voulez le bonheur de vos enfants, travaillez à trouver le vôtre. » CQFD, être vraiment heureux c’est contagieux !

« Laissons un peu de côté toutes les choses à faire. Prenons le temps d’être bien ensemble. »

Besoin de sens comme de pain

Entre nos « C’est pas facile la vie, tu sais, Arrête de rêver, sois réaliste, Tu dois ranger ta chambre, finir ton assiette, C’est comme ça » que nous leur intimons, alors que nous pouvons éparpiller les miettes des chips sur le tapis, éreintés de fatigue sur le canapé, quelle image fragmentée leur donnons-nous ? Un faux adulte, avec un cœur d’enfant de 4 ans, cuirassé d’injonctions et  de devoirs, égrenant ses « il faut, tu dois »…là où le « je choisis de ranger ma chambre car j’aime être dans un lieu  agréable à vivre » présente une véritable motivation en pleine conscience de l’effort consenti ? Tous, « nous avons besoin de sens comme de pain ».

Une enfance sans violence

La culture de la violence commence souvent dès l’enfance, en répétant ce que l’on a subi et vu faire. « La punition ne relie que le punissant et le puni, dans une démarche culpabilisante de rejet et mise à l’écart : du « va dans ta chambre ! » à la prison, il y a une différence de degré, pas de nature. Elle active les comportements de domination-soumission et par là le cycle de la violence. »

Éduquer, sanctionner sans violence, c’est possible et nécessaire. « Concevoir les relations comme des rapports de force ne rend pas heureux. » Apprenons « à vivre les rapports humains en mode collaboration, collégialité, co-création, compagnonnage. L’autre est un allié, même s’il ne le sait pas encore. » Sachons être pleinement adultes, même si ce n’est pas de tout repos, en créant un climat inspirant, pour aider nos enfants à agir « par confiance et curiosité dans la vie, discernement des enjeux, sens des responsabilités » (Marshall Rosenberg) et les encourager ainsi à devenir des adultes bienveillants.

Anne-Claire Gagnon

LIRE « Notre façon d’être adulte fait-elle sens et envie pour les jeunes ? » de Thomas d’Ansembourg (Ed. De l’Homme, octobre 2020).

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