Cannes 2019 : l’avancée des femmes

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Impressions à chaud et palmarès personnel en regard avec celui officiel de notre envoyée spéciale à Cannes.

♦ Sibyl en sélection officielle, le film français de Justine Triet sur un scénario fort, propose une étude de mœurs : passion, désir, création et  liberté… Virginie Efira en psychanalyste et romancière est impressionnante. Une récompense lui échappe…

♦ Alice et le maire de Nicolas Pariser nous invite au duel entre l’exercice du pouvoir et sa critique théorique. Fabrice Luchini est le maire et Anaïs Demoustier sa nouvelle conseillère.

♦ À la Quinzaine des Réalisateurs, Céline Sciamma réalise avec Portrait de jeune fille en feu, un face-à-face entre un peintre et son modèle. On est au XVIIIe siècle, mariage et passion se heurtent dans ce long-métrage. Noémie Merlant, la peintre, figure le modernisme tandis que Adèle Haenel, le modèle reste dans le carcan de la tradition. Bonne pioche : Prix du scénario !

♦ Jessica Hausner dans le film Little Joe raconte la découverte d’une plante du bonheur. Celle-ci ne s’avère pas sans effets secondaires ! Une mère (Emily Beecham qui rafle le Prix d’interprétation féminine), célibataire, l’offrira en toute bonne foi à son fils adolescent. Un conte, une parabole freudienne ?

« Chaque œuvre est un cri, une prise de position et la naissance d’un débat. Le cinéma humanise un problème en lui donnant un visage plus puissant qu’un discours politique ».
Nadine Labaki, réalisatrice, présidente du jury Un Certain Regard.

♦ Mati Diop du Sénégal, présente Atlantique une histoire brutale d’amour, d’immigration et de revenants. Première sélection, Grand Prix du Jury !

♦  Frankie (USA) de Ira Sachs nous donne à découvrir une Isabelle Huppert plus juste que jamais. Elle y est une actrice célèbre en fin de vie. Encore une performance féminine dans une chronique familiale.

♦ Rebecca Zlotowski réalise Une fille facile. À la recherche éperdue des plaisirs charnels, les situations s’avèrent successivement honteuses, touchantes et complexes. Tout se déroule à Cannes Croisette et mer compris.

Nous avons donc vu des femmes : intelligentes, philosophes, éprises de liberté, à la recherche du bonheur, en deuil, en famille, sacrificielles… C’était la mode de la sélection 2019.

Enfin Agnès Varda, « la patronne » serait contente de ce défilé. Et après #metoo, si ce n’est pas encore la parité, Cannes est féminin avec 23 % de réalisatrices. C’est le festival le plus féminin du monde. Alors une palme spéciale pour Cannes !

Doc Eugénie
Envoyée spéciale Mid&Plus à Cannes
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