Tout fout l’camp !

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Non, la vie n’est plus ce qu’elle était, ni l’époque, ni les mœurs. Voyez plutôt : un musée qui devient cabinet d’infirmière. Celui des Beaux-Arts de Dijon accueille une collecte de sang, l’occasion pour les donateurs allongés de prendre le temps d’admirer les œuvres accrochées aux cimaises pendant que le précieux fluide s’écoule dans les tuyaux ! Ou encore, à l’occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon, tous les historiens s’en donnent à cœur joie pour nous conter le grand homme par le petit côté de la lorgnette. Il aurait mis au point le fauteuil de bureau rotatif, le canapé avec accoudoirs rembourrés et le lit pliable, il était frileux et exigeait des cheminées allumées même en juillet, il n’aimait pas la viande rouge qui lui rappelait trop les champs de bataille et lui préférait le poulet (le veau Marengo était en réalité un volatile) et il se parfumait à outrance, jusqu’à 60 flacons par mois d’eau de Cologne. Ou encore, le magazine féminin ELLE qui vient de décrocher le graal en obtenant son statut de presse IPG (information politique et générale) qui le fait côtoyer des publications généralistes comme l’Obs, Le Point ou l’Express. Mode, beauté et cuisine n’ont plus qu’à faire bon ménage avec les violences faites aux femmes ou les militantes en mouvement. Enfin, l’art qui se niche partout, même dans le numérique, avec le record de vente attribué à une œuvre de Beeple composée d’une mosaïque d’images digitales, un phénomène certifié NFT (non fungible token) qui assure l’authenticité et la non-reproductibilité et chacun y va de son NFT, comme le PDG de Twitter qui a vendu son premier Tweet pour la modique somme de 2,9 millions de dollars. Tout fout l’camp mais au final, c’est payant !

Vicky Sommet

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