Foutez-vous la paix !

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« Tu devrais lâcher-prise ! » Voilà certainement le conseil qui énerve tout le monde, surtout quand on est sous pression. Alors qu’un joyeux et fraternel Mais foutez-vous donc la paix, tout le monde comprend et surtout ça marche ! C’est de ce constat que Fabrice Midal est parti pour décliner son livre qui nous invite, d’abord et avant tout, à être vivantes.

Donc à ressentir des émotions –  dont Tal Ben-Shahar rappelle que seuls les psychopathes et les morts en sont dépourvus ! – et à ne plus avoir honte d’être vulnérable. À cacher nos cicatrices, nos failles, nous nous épuisons vainement. Oser montrer notre vulnérabilité est une véritable force.

Trop de perfection tue l’imagination. Il y a des leçons d’enfance qui fleurissent avec les décennies. Celle de la plage des 7 ans de Fabrice Midal en fait partie. Il avait pris très au sérieux un concours de châteaux de sable et s’était concentré sur son œuvre, un véritable château-fort avec douves, murailles et créneaux (le défi !). Tout à son travail, il ne se retourna qu’au dernier moment pour regarder les réalisations des autres enfants. Et découvrir, stupéfait, l’œuvre de sa petite sœur, une coccinelle d’autant plus belle qu’elle avait chipé un pot de confitures de fraises à leur grand-mère pour faire de jolies taches rouges. Elle gagna le concours haut-la-main ! À aucun moment, elle n’avait eu en tête la performance, la vraisemblance. Elle avait pris plaisir à imaginer et construire le sable, à lui donner de la couleur et surtout la vie. Bien que née après lui, elle avait commencé à vivre bien avant ! Et nous lui devons la jolie coccinelle de la couverture de son dernier ouvrage.

Ne pas se prendre la tête. Dès la page 14, Fabrice Midal annonce la couleur: « Au fond, on ne médite que si on arrête de chercher à méditer ». CQFD ! Activité que ses grands-parents réalisaient le plus naturellement du monde, assis en silence, au coin du feu qui crépitait.  Méditer c’est être en paix, profondément. En connexion avec ses sensations, un état très naturel souvent chez l’enfant. Mais c’est tout sauf être calme, raison pour laquelle Fabrice Midal s’indigne qu’on veuille faire méditer les bambins. Les enfants ne sont pas des images, le calme n’est pas de leur âge. Alors que grandir en paix, voilà tout le bonheur qu’on leur souhaite.

Arrêtons d’être notre pire ennemie. Que la première qui ne s’est pas exclamée « Quelle c… je suis ! » en manquant sa station de métro, oubliant ses clés dans le coffre de sa voiture fermée… ose cliquer ! Comme le souligne si justement Fabrice Midal, nous nous autoflagellons en permanence. Nous nous habituons à une violence quotidienne qui n’a rien de pédagogique. Alors devenons notre meilleure amie, en pleine présence ! Rions de nos distractions, sourions de nos oublis, nos impatiences, nos colères. En arrêtant de nous maltraiter, nous pourrons enfin éprouver de la compassion pour les autres, comme pour nous-mêmes.

Et en nous aimant mieux, malgré et surtout avec nos défauts, nous nous offrons la chance d’être aimées par les autres. Parce que nous le valons bien !

Anne-Claire Gagnon
Mid&Flandres

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