Charge ou surcharge mentale ?

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Sauf à avoir hiberné ces derniers mois, vous ne pouvez ignorer ce nouveau phénomène qui a déferlé sur les réseaux sociaux. Une simple bande dessinée parue sur le Net a touché des milliers d’internautes et déchaîné réactions et articles dans la presse. Quid ?

La charge mentale

La notion de charge mentale (ou charge mentale cognitive) n’est pas nouvelle. Principe de sociologie introduit dans les années 1980, il décrit comment, chez une femme en couple qui travaille, son esprit demeure préoccupé par les tâches ménagères et la gestion du foyer. Présenté avec humour dans la bande dessinée Fallait demander de la dessinatrice Emma, « la charge mentale – le retour » fait un tabac. Impossible de ne pas s’y retrouver. C’est tellement bien vu et vécu ! C’est un nom enfin posé sur une réalité quotidienne.

« Ranger la table du salon, remplir le frigo, vider le lave-vaisselle, signer le cahier des enfants, prévoir les vacances….il ne s’agit pas seulement d’effectuer les tâches, il faut les penser, les anticiper, planifier et surtout ne pas oublier. Et si d’aventure, la femme se plaint de ne pas avoir reçu d’aide, la réponse sera souvent : mais fallait me demander ! »

L’ampleur du phénomène (plus de 200.000 partages) révèle que, même si en 2017 la distribution des tâches ménagères au sein d’un couple a évolué, la charge mentale reste l’apanage des femmes : « C’est tellement vrai » ; « Les mots qui font mouche » ; « Je me sens moins seule » ; « Juste merci » ; « Épuisée de penser à tout »…

©Emma - Mid&PlusDes conséquences à ne pas prendre à la légère

« Femme surmenée » est un pléonasme selon le Dr Aurélia Schneider, psychiatre. Et peu importe l’âge. « La ménopause est, entre autres, une des périodes de vulnérabilité extrême de la femme du fait des symptômes physiques pénibles et aussi d’un point de vue psychologique ». Les conséquences de la charge mentale ne doivent pas être minimisées. Au-delà de l’épuisement, elle peut provoquer des troubles anxieux, des maladies de peau, des maux de ventre, des migraines… Le couple est aussi directement impacté par la surcharge mentale de la femme. Perte du dialogue, sentiment d’agression de l’homme et d’incompréhension de la femme, diminution du désir…

Quelles solutions avant l’implosion ?

  • Première piste: la prise de conscience et, pour cela, la BD d’Emma a été un vrai booster. N’hésitez pas à lister tout ce que vous faites sur plusieurs jours (week-end compris) afin de mesurer l’ampleur des dégâts.
  • Gagnez en estime de vous. Faites-vous des compliments et partagez avec votre douce moitié, sans esprit revanchard, sous peine de couper le dialogue.
  • Lâchez prise. La perfection n’est pas de ce monde, inutile de culpabiliser inutilement.
  • Pensez positif. Comme conseillé à l’occasion d’un régime, n’hésitez pas à vous faire des cadeaux. C’est bon pour le moral. Et, rappelez-vous, tous les soirs, trois actions accomplies dans la journée en vous félicitant.
  • Dégagez du temps pour vous, une soupape dans un emploi du temps surchargé.
  • Et surtout : redéfinissez une répartition stricte et claire des tâches dans le couple: je m’occupe des courses, tu t’occupes des rendez-vous médicaux… mais de A à Z. Et chacun en assume sa responsabilité : « Les hommes doivent apprendre à se sentir responsables de leur foyer et pour ce faire l’inversion des rôles est souvent plus efficace que la confrontation ».

La pression de la société est forte sur les superwomen qui doivent assurer sur tous les plans. Mais n’oubliez jamais : cela ne doit pas être au détriment de soi !

Agnès Brunel-Averseng

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