Alerte allergies !

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Traverser l’Atlantique est certes dangereux, mais croquer une tartine de beurre de cacahuètes aussi ! De la démangeaison au rhume printanier à la grande crise avec œdème étouffant, les manifestations sont de gravité différente, mais toujours liées  à un agent causal et le mécanisme du corps est identique.

Quelques informations générales : depuis 1980, les allergies se sont multipliées par sept et prolifèrent donc. Pour 2050, l’OMS prévoit même qu’une personne sur deux sera allergique ! Le mal du siècle donc. En progression, toutes les allergies ne sont cependant pas définitives, elles peuvent guérir et s’améliorer sous traitement.

Des allergies pourquoi ? C’est une  réponse inappropriée et excessive du système immunitaire chez des sujets prédisposés. Cela peut devenir une maladie chronique.

Des pièges : attention, le mode de vie trop aseptisé baisse les défenses immunitaires. L’essor de l’industrie alimentaire, l’assainissement des eaux, l’usage intensif d’antibiotiques ont détruit les micro-organismes en affaiblissant le système de défense. Une étude montre que les bébés sortis par voie basse se défendent mieux que les césarisés. Ils ont probablement rencontré des micro-organismes fréquentés depuis la nuit des temps… En ville, les gaz d’échappement de voiture évacuent du dioxyde d’azote qui potentialise aussi les agents allergisants. Mais l’air le plus polluant est celui des intérieurs, surtout bien calfeutrés et chauds.

Que surveiller ?

1.  En respirant, les pollens :
Saison et lieu : ils viennent tracasser 15 à 20% de la population. C’est donc très fréquent. Ils sont régionaux : cyprès dans le sud-est, bouleaux au nord et à l’est, ambroisie dans la vallée du Rhône www.ambroisie.info. La saison des pollens est longue : février-mars (aulne, frêne, bouleau, cyprès), mars-avril (chêne, platane), avril-mail (graminées, herbacées). Le maximum des pollens vient avec les premiers ensoleillements, l’hiver doux ou les pluies abondantes. Voir site : www.pollens.fr

2.  En mangeant, les aliments (modérer la nutrition en cas de doute) :
L’allergie aux protéines de lait de vache est la plus fréquente et est heureusement transitoire. Le nouveau-né présente une urticaire, une mal-digestion et vomit. Cette allergie disparaît vers les 3 ans si le lait de vache a été écarté. Finis les yaourts, les fromages, les gâteaux et les produits avec lactose. L’œuf est surtout allergisant dans son blanc. Cette allergie part toute seule aussi. Les arachides peuvent provoquer les plus sévères des allergies alimentaires avec malaise, suffocation et œdème laryngé (Quincke). C’est une urgence. Leur présence est à déclaration obligatoire sur les emballages. Le gluten contenu dans la farine des céréales peut provoquer une intolérance temporaire ou une allergie définitive. C’est en fait la plus commune des allergies alimentaires. Ce n’est qu’une intolérance si des douleurs abdominales et des vomissements seuls se manifestent. En revanche, asthme, choc sont liés à une grave réaction allergique. Le pronostic vital peut-être mis en jeu. Quels autres aliments soupçonner en cas de troubles digestifs ? Poisson, moutarde, soja, sésame, crustacés (les plus fréquents), fruits à coque, sulfites, lupins, mollusques, crustacés.

Au quotidien, au contact de latex, de caoutchouc, des réactions allergiques peuvent se manifester. Par exemple dans le personnel médical. C’est là que d’autres allergies, dites croisées, vont se greffer avec des fruits et légumes : banane, kiwi, raisin, concombre, avocat. Conseil : pas de jeu au latex simple en épluchant un fruit de la passion !

3.  Chez les animaux :
– Nos animaux à la maison : responsables d’allergie respiratoire, c’est leur salive, transpiration et débris de peaux qui sont allergènes. Le chat peut laisser des réminiscences, pardon des rémanences, plusieurs mois après son départ, Chat-peau ! Taxons encore les petits animaux de maison : lapin, furet, etc. de nous faire de bizarres réactions. La solution radicale est la séparation, désolée…

– Les insectes sous le matelas : eux ou vous… Ah, ces acariens responsables de la plupart des asthmes des enfants. Ils sont des millions à squatter chez nous dans les lits, moquette, tapis et peluches. Alors de l’air frais, un aspirateur efficace pour éliminer ces micro-organismes parasites et des produits de lutte. Les boulangers et ouvriers agricoles sont au contact d’autres acariens dans leur stock. En ville ou en campagne, les vils acariens ne nous veulent donc pas du bien.

– En été des hyménoptères (guêpe, fourmi, frelon, abeille) peuvent nous envenimer. Si la piqûre et le gonflement local se résolvent en 24 à 48 heures, pas de panique. Sinon c’est l’urgence. Pensez aux kits injectables d’urgence. Faites appel à la désensibilisation qui est remarquablement efficace contre ces venins.

4.  Dans les cosmétiques :
Au contact, certaines émulsions, conservateurs peuvent déclencher une allergie : le citronellal, la lavande, la citronnelle qui, au lieu de vous embellir, vont marquer des rougeurs, démanger et créer de l’urticaire. Un nouveau conservateur, le MIT (méthylisothiazolinone), déclenche de nombreuses irritations (très présent dans les lingettes).

5.  En se soignant :
Des antibiotiques : pénicillines et sulfamides sont les plus allergisants. Et tout médicament (aspirine, anti-inflammatoire et autres) peut déclencher une allergie plutôt dermatologique ou respiratoire.

6.  Au contact de métaux :
Il convient de vérifier en cas de doute le nickel des ceintures les branches de lunettes ou le  piercing. Le chrome et le cobalt sont aussi au palmarès des réactions possibles.

7.  En sortant dehors :
En hiver, des particules polluent l’air. Ces particules viennent de moteurs sans filtre, de rejets industriels, de chauffage au fuel ou au bois, de l’épandage agricole.  En été, des pics d’ozone peuvent gâcher vos journées. Éviter au moins de faire du sport dehors ces jours-là !

Comment se soigner et prévenir ?
Cerner l’agent responsable : les tests de laboratoire ne sont pas spécifiques. Le médecin allergologue teste une quarantaine d’allergènes courants à la fois. Il pourra effectuer une batterie supplémentaire de tests si besoin.

En cas de positivité, une désensibilisation est envisagée. On avale un médicament pendant environ 6 mois pour les pollens et pendant 3 à 4 ans pour les acariens. Seules les moisissures ne répondent pas à ces traitements. Les injections, c’est terminé ! Des patches sont sortis pour les allergies alimentaires. Ces traitements sont très prometteurs. Pour l’avenir c’est la fin des interdits alimentaires : finis les régimes d’éviction et leur pénalisation ; des protocoles de tolérance alimentaire se mettent en place dans l’allergie à l’œuf et à l’arachide. Le principe est de réintroduire, sous assistance médicale, ces aliments. L’incident de l’ingestion accidentelle ne conduira ainsi plus à l’urgence  vitale.

Et n’oubliez pas d’aérer vos intérieurs un quart d’heure été comme hiver, ne calfeutrer pas vos nids douillets. Souvenez-vous que l’air de chez vous peut être plus polluant que celui provenant de l’extérieur : ne surchauffez pas (maximum 20 degrés). Préférez le bois aux plastiques ou agglomérés dans vos appartements.

En conclusion, même le soleil peut vous donner une allergie, alors cherchez, trouvez et renforcez vos défenses !

Le Quotidien du Médecin 12/05/2014
Le Monde- Sciences et Médecine 23/04/2014 
Sciences et Avenir 24/04/2014  www.sciencesetavenir.fr/a-voir-a-faire/20140423.OBS4876/special-allergies-les-nouveaux-traitements.html
Éducation :http://resedaa.com
Prévention : http://allergies.afpral.fr

Le site www.allergique.org/ créé en 2001 est le fruit de la collaboration entre des médecins allergologues et des patients allergiques et met à la disposition de tous les publications scientifiques analysées par des médecins de terrain sur toutes les formes d’allergie et propose des réponses, forum, séminaires, etc.

par Doc Eugénie

 

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