Aimer sans dévorer

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De quelles manières aimez-vous votre entourage et vous-même ? Trop ? Pas assez ? Mal ? C’est ce que Lytta Basset, professeur de théologie protestante en Suisse, propose d’explorer dans son ouvrage Aimer sans dévorer. Libérée de son besoin de fusion, l’auteur nous livre généreusement le fruit d’un travail de maturation -à la suite d’une profonde dépression et du deuil d’un de ses enfants- pour parvenir maintenant à vivre une nouvelle manière d’aimer, bonne à vivre  pour elle et pour les autres, sans attendre un retour forcément gagnant. « Lâcher la hantise d’être aimée, vraiment aimée et celle d’être capable d’aimer » sont des doutes, des questionnements que Lytta Basset a explorés et maintenant laissés derrière elle.

Oser s’interroger honnêtement sur sa façon d’aimer est courageux : souffrance de ne pas aimer, déchirures d’amour, deuil de l’amour idéologique, sujets que l’on a bien du mal à vouloir regarder de près ! En fait, on arrive inévitablement par poser le doigt sur le problème fondamental du nécessaire amour de soi. Il n’est jamais trop tard pour prendre conscience qu’il serait bénéfique dans toutes relations d’amitié ou d’amour de sortir du  « je te haime »,  de se séparer pour pouvoir aimer. Appréhender le douloureux mais salvateur travail de la différenciation permet de reconnaître le territoire de chacun, de laisser l’autre vivre sa vie et de chercher à tisser une relation vraie : voilà un aperçu des questions abordées. Comment combler le manque, la peur ou la solitude, désirer une relation, la chérir et/ou construire un partenariat avec l’être aimé ? Lytta Basset, sans jamais imposer sa vérité, s’aventure dans ces méandres obscurs et lumineux en s’appuyant tout autant sur des textes théologiques que sur des concepts de philosophie et de psychologie.

Notre société en mal de contacts n’a jamais été autant à la recherche de liens affectifs durables, d’une quête de sens. Vous devriez en trouver un en vous laissant interpeller par le titre du livre de Lytta Basset. C’est subtil, profond et remet en question si on veut bien se laisser bousculer par ce travail de vérité.

Aimer sans dévorer – Lytta Basset – Albin Michel (2010)
Ce lien qui ne meurt jamais  – Lytta Basset – Albin Michel (2007)

par Véronique Perrot

 

 

 

 

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