Le bienfaisant longe-côte

0

Rentrant de son club d’aviron de mer, Christian me lance : « Il faut qu’on aille essayer le longe-côte ». Diable, qu’est-ce que cela peut bien être? De la pêche à pied ? En hiver, ça doit cailler ! Habituée à ses lubies depuis 40 ans (il m’a déjà entrainée dans pas mal d’aventures¹), c’est donc sceptique que je le suis à Saint-Malo. Et c’est une révélation ! J’imaginais une marche aquatique un peu plan-plan, mais le « longe » se révèle sportif, ludique et convivial.

Une Thalasso gratuite (Christian)
Sur une plage de sable, vous entrez dans l’eau jusqu’à la poitrine et vous marchez en vous aidant de vos mains qui prennent appui dans l’eau afin de vous tirer en avant. Comme à la marche nordique ou à ski de fond, l’intensité de l’effort dépend de la vitesse à laquelle vous souhaitez avancer. La résistance de l’eau accentue l’effort musculaire. En constituant une file de « longeurs », vous êtes pris dans le courant et c’est celui qui est en tête qui fait le plus d’efforts et qu’il faut relayer.

Ouvert à tous les âges et toutes les morphologies (Caro)
Comme c’est un sport porté où vous allez à votre rythme, il est ouvert à tous. Au club, plusieurs dames ont plus de 80 ans. Tiens, pas de messieurs de cet âge, seraient-ils moins courageux ? Les personnes en surpoids apprécient de s’y sentir légères. Certains clubs organisent des séances pour les personnes en situation de handicap qui, sur terre, ont du mal à tenir sur leurs jambes.

Comme des pingouins, en combinaison néoprène (Christian)
Pour rester une heure dans l’eau, une combinaison en néoprène est nécessaire, surtout en hiver où la température de la Manche descend jusqu’à 7 ou 8 degrés. Avec cette protection, la sensation de froid ne dure que les premières minutes. En mouvement on se réchauffe assez vite. Le longe-côte se pratique par tous temps et toutes saisons. Par mer agitée, on peut être immergé par les vagues, ce qui est amusant et vivifiant.

Belle convivialité dans un décor toujours différent (Caro)
Vous pouvez foncer en file indienne avec un groupe rapide. Ou ce peut être un super moment à papoter avec les copines dans ce décor de rêve. Ou bien, selon l’humeur, flâner seule tranquillou en rêvassant. Même après 10 ans de pratique, on ne se lasse pas du spectacle: les couleurs du ciel, des vagues, les embruns selon le vent, comment trouver les mots pour décrire ce spectacle. Vous faites partie d’un décor majestueux, parfois déchainé, qui inspire une solide fraternité.

« L’esprit ne va bien que si les jambes l’agitent. » ©Caro et Christian H.comme l’ont rappelé pas mal de plumes, d’Hippocrate à Houellebecq, en passant par Montaigne.
Et encore, aucun d’eux n’avait la chance de connaitre cette marche aquatique. (Christian)

Une histoire d’ions positifs (Christian)
Il est recommandé de se connecter régulièrement à la terre dont les chaussures nous isolent. Voir « Grounding » ou « Earthing ». Marcher pieds nus dans la rosée ou dans l’eau permet de réguler notre tension émotionnelle, nerveuse et physique. Il est question d’un « rééquilibrage de polarité des électrons qui parcourent notre corps. » S’agit-il en plus d’un ressourçant instinct de retour à nos origines d’animal marin ?

Pour vous lancer lorsque vous êtes à proximité d’une côte, ci-dessous un lien vers la liste des clubs dont la plupart proposent des « baptêmes » en louant la combinaison néoprène. Tous à l’eau !

Caroline et Christian H.

¹LIRE « À deux c’est mieux »
Le site des longeurs

L'article vous a plu ? Partagez le :

Les commentaires sont fermés.