Zeina, l’autre visage de l’exil

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On ne sait plus comment les appeler. Comme s’il nous était impossible de poser un mot juste sur ces milliers de personnes qui fuient la Syrie depuis le début du conflit. Alors, nous avons choisi de donner la parole à Zeina, exilée mais pas réfugiée, et belle, belle, belle comme Ali MacGraw dans les yeux de Steve MacQueen. Rencontre…
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Sa parole est émouvante et franche. Loin des clichés qui la froissent, elle tient d’abord à donner une image juste de son peuple : « Le peuple syrien est un peuple de travailleurs qui a une grande capacité d’adaptation et une joie de vivre véritable ». Zeina, jolie Syrienne de culture française grandit dans la région d’Alep. Elle y vit avec ses deux petits garçons âgés de 8 et 9 ans et son mari, chef d’entreprise. Il a une usine de fabrication de filtres pour piscines et des sociétés de vente de pièces détachées pour automobiles. « Petite, j’ai grandi dans la culture française, sa littérature, mais aussi ses séries télé. Quand les bombes se sont abattues à proximité de l’école des enfants, nous avons décidé, naturellement de venir nous réfugier en France ». Sportive de haut niveau, elle inscrit ses garçons au club de basket de la ville et propose d’encadrer les joueurs. Pour boucler les fins de mois, elle cherche aussi un autre job et devient surveillante dans un lycée.

Racisme ordinaire et solidarité spontanée. « Toutes les démarches ont été compliquées : louer un appartement, ouvrir un compte… Je suis Syrienne. Je suis chrétienne. Je suis de langue arabe et considérée, a priori et par ignorance, comme une Arabe. Or, dans ce cas, toutes les lumières rouges s’allument ici ». Le racisme ordinaire, les enfants l’affrontent dans la cour de récréation, mais pas dans leur club de basket, ravi de ces deux nouvelles recrues de grand talent et de belle énergie. « Le sport, comme le disait Mandela, fait tomber toutes les barrières », confie Zeina, qui trouve d’autres mains tendues dans sa paroisse de quartier. « Beaucoup de gens nous ont aidés : à rédiger mon CV, à améliorer mon français, à faire toutes les démarches nécessaires pour mon installation ici, à apaiser mes peurs, à nourrir ma foi dans la vie. Ils nous ont aussi ouvert les portes de leur maison et nous avons pu commencer à nouer des liens d’amitié ».

Résister quand même. Zeina est d’abord partie avec ses valises et ses deux petits garçons, Georges et Adolphe ; puis, son mari est venu la rejoindre quelques mois plus tard, lorsqu’il a perdu l’espoir de sauver ses entreprises et ses salariés. « Toute notre vie est partie en fumée; nous avons tout quitté, nos parents, nos amis, notre terre. » Malgré cela, Zeina et sa famille refusent le statut de réfugiés : « Ce statut nous obligerait à abandonner notre nationalité syrienne. Or l’espoir de revenir dans mon pays est aussi ce qui me fait tenir. Je ne peux y renoncer. » Aujourd’hui, après quelques mois très difficiles, le mari de Zeina a remonté une société de pièces détachées, elle s’est associée à une amie pour créer une marque d’importation de savons d’Alep : Al-Bara, déjà référencée chez Nature & Découverte. « Le savon d’Alep, c’est l’odeur de mon pays, de mon village. C’est la douceur de l’huile d’olive, la caresse du soleil, la senteur du laurier. C’est un petit fil que j’ai tendu entre moi et la Syrie pour me sentir utile, pour aider ceux qui ne peuvent pas partir. Ceux qui vivent sous les bombes parce qu’ils n’ont pas d’argent pour fuir, ceux qui préfèrent mourir dans leur maison que de mourir de l’avoir quittée, ceux qui ne veulent tout simplement pas abandonner leur pays. »

Alors que faire ? Commencer tout de suite ses cadeaux de Noël. Faire une réserve de douceur et de soleil. Acheter ces petits savons solidaires verts qui sentent le laurier, fabriqués selon une méthode artisanale millénaire transmise à Zeina par son grand-père qui possédait une savonnerie à Alep ? Oui. Faire ce que l’on peut. Faire de notre mieux. Et ce n’est déjà pas si mal.

Astrid Renoult
*Translated by Artemis Sfendourakis for MyFrenchLife™ – MaVieFrançaise® magazine.

En achetant les savons Al-Bara, vous venez directement à la petite savonnerie d’Alep et vous prenez soin de vous. Ces savons sont 100% naturels, sans additif, sans allergène, sans conservateur ; ils sont hydratants, régénérants et anti-âge. Très doux, ils peuvent être utilisés pour le corps et le visage.
Produits en vente :  Nature&Découvertes, la Ferme de Gally (route de Bailly, 78210 Saint-Cyr-l’École)

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